"Sous la tente" de Sunny War Cloud,

 

 

Chronique #37 (12 décembre 2002)

 

    Bonjour chers amateurs de lutte, 

        

          Noël s’en vient à grand pas, en regardant dehors oui ça ressemble à l’hiver, et Noël pour moi c’est la plus belle fête de l’année en somme c’est la seule d’où j’ai plein d’émotions. 

 

Pourquoi?

 

          Parce que c’est la fête des enfants et que nous en sommes tous avec soit un cadeau dans les mains que nous offrons ou que nous recevons.  C’est un temps de réjouissance et souvent de retrouvailles en famille, une période d’où nous oublions travail, problème et qui laisse place souvent à plusieurs résolutions à ce qui attrait à la nouvelle année qui s’en vient. 

 

          Prendre seulement une belle grande marche de santé le soir tout en contemplant les nombreuses décorations qui s’offrent à nos yeux, rien de mieux pour se remplir d’énergie positive et de croire en un monde meilleur, meilleur à la condition d’y croire car la foi c’est la meilleure source d’énergie.

 

 

 

          Pour revenir à la lutte car c’est ma vocation, celle que j’ai choisi et qui me garde jeune, les sujets sont multiples mais j’en retiendrai quelques uns d’où j’ai accroché

 

          Venez sous la tente nous allons discuter ensemble des derniers développements à quoi j’accorde de l’importance.

 

          J’ai lu et relu les deux dernières chroniques de Bertrand Hébert.  Vous pouvez ainsi voir un vrai passionné de la lutte certains diront "un rêveur", mais qui d’entre nous n’a pas déjà décroché de son quotidien pour s’envoler avec cette idée? 

 

          Il faut être patient et espérer pour écrire tout çà.  Ce qu’il a écrit et ce que nous avons tous lu, j’aurais pu le faire peut-être pas avec les mêmes mots mais à quelque part j’aurais décroché car le tout n’est que "gros rêve".  Mais entre les lignes, je voyais que Bertrand voulait et voudrait mener son projet à bon port, qu’il  saurait mettre ses énergies aux bons endroits mais je vais vous dire moi ce que j’en pense. 

 

          C’est qu’à part de gagner un gros lot de 10 millions et plus à la Super 7, des gars comme Bertrand Hébert, Sunny War Cloud, Ludger Proulx, Jacques Rougeau, Paul Leduc et quelques autres mordus se contenteront de vivre leurs moments intenses de lutte à chaque fin de semaine dans leurs petits coins respectifs et pourront continuer de rêver car cet investisseur, ce sauveur tant attendu ne se trouve pas dans nos salles de lutte, mieux que çà ceux qui ont de l’argent n’aime pas la lutte. 

 

          Pour les trouver, vous devez aller les voir sur les terrains de golf et essayez de les convaincre.  Je crois que Jacques Rougeau a déjà fait tout ce travail, lui qui est un merveilleux joueur de golf et un vendeur hors pair mais justement faire sortir des dollars à un vrai homme d’affaires, c’est pas facile et pour la lutte c’est impensable. 

 

          Allez montrer votre plan d’affaire à un vrai homme à cravate et il rira de vous. 

 

Pourquoi? 

 

          Parce que lui ce Monsieur cherche à faire de l’argent, il placera ses sous dans votre entreprise si c’est plus rentable qu’à la banque.  Si il trouve votre projet intéressant, il vous posera deux questions soit :

 

Combien çà coûte?

Combien çà rapporte?

Êtes-vous prêt à répondre à la dernière question? 

 

          Ted Turner pourtant milliardaire a lâché prise quand il a vu ses millions sortir et ne plus revenir.  Vince Mc Mahon au contraire, les a vu sortir mais a patiemment attendu le retour qui est revenu mais encore là, c’est son choix de vie et sa passion.  Il y règne en maître et a toujours le dernier mot contrairement à Turner qui passait plus de temps au golf et dans les salons de coiffure avec Jane Fonda.

 

          La lutte restera un sport spectacle pour les pauvres et la classe moyenne donc rêver ne coûte rien et les spectateurs s’amusent pendant deux heures pour 8.00$.  Les lutteurs pendant ce temps performent du mieux qu’ils peuvent pour leur plaisir tout en pensant qu’un millionnaire se trouve dans la salle.  Moi je n’y crois plus et Merci Bertrand pour ton texte mais j’ai cessé d’y rêver il y a longtemps.  J’ai oublié de vous dire que l’investisseur dans Interbox (le nom m’échappe) regrette sûrement son aventure car il en a perdu et continu d’en perdre.  Le jour est proche d’où il tirera sur la plogue.

        

 

 

          Je veux revenir sur le paragraphe de la dernière chronique au sujet de Serge Rolland. 

 

          Serge a toujours été mon chum et le sera toujours.  J’aimais beaucoup cette équipe soit les prisonniers, c’était la plus grosse équipe au Québec, la plus belle attraction et j’adorais lutter contre eux mais malheureusement Jacques Rougeau a brisé tout ce qui se dégageait de cette lourde équipe. 

 

          Martin Rolland est parti et il est encore très bon parce que oui plus jeune un peu mais il lutte à chaque semaine à la I.C.W contrairement à Serge qui pendant les trois dernières années collectionne ses combats sur les doigts d’une main. 

 

          20 ans et 30 ans c’est pareil mais 30 et 40 c’est différent et moi-même dans la quarantaine avancée, je peux vous dire qu’il vous faut être actif à toutes les semaines et vous entraîner sans cesse car l’âge vous rattrapera et dans le cas de Serge, ces dernières années à Lutte 2000 n’ont sûrement pas aidé sa forme physique et je suis persuadé que Serge ne se souvient plus de la date de son dernier workout dans un gym. 

 

          C’est seulement çà que je voulais dire et non méchamment car j’aime bien Serge et tout le monde l’aime.  À la C.C.W de Québec sur une longue échéance, cela aurait été néfaste.

 

 

La F.L.Q fermera ses portes le 31 Décembre 2002.

 

          C’est avec horreur que j’ai lu çà.  Je ne l’ai pas vu venir celle-là.  Pourtant j’ai parlé longuement avec Paul Leduc avant-hier et rien ne laissait présager cette fermeture même que je lui envoyais 5 de mes hommes ce Vendredi.

 

Pourquoi Paul?

 

          Si je me mets à sa place, toutes les raisons sont bonnes pour fermer mais elles sont toutes plausibles pour demeurer ouvert.

 

          Premièrement la F.L.Q prétend vouloir faire des tournées provinciales.  Voyons Paul, as-tu calculé combien çà coûte sur la route toi qui a quadruplement plus que moi gagné ta vie en voyageant. 

 

          Nous n’avons pas de T.V., nous sommes tous des no-name, les dépenses des "boys" bref tu te souviens en 1995 dans la tournée à Jacques Rougeau, la publicité payante dans les journaux, radio et télévision coûte tellement cher et les posters, dès que tu as le dos tourné, il sont enlevés.  Les journalistes, pas tous mais certains attendent l’enveloppe avec une couple de ptits bruns en dessous de la table.  Peut-être que je parle trop et que tu as des shows vendus, dans ce cas tu as ma bénédiction.  Mais encore là fermer ses portes, je ne comprends pas, surtout si la "business" s’auto-finance bien car de l’argent à faire, il n’y en a pas.  C’est un pur loisir, le plus beau mais très souvent çà prend des nerfs d’acier pour tout bien contrôler. 

 

          C’est une grosse garderie et tu essaies du mieux que tu peux pour faire plaisir à tout le monde mais de temps à autre je me dois d’intervenir car ce sont tous des caractères différents qui veulent faire leur parts souvent de façon drastique. 

 

          Quelquefois je me fais déjouer car je ne suis pas à l’abri des ambitieux, des "téteux" de push et de ceux qui brûlent des étapes.  Personne n’est à l’abri de çà dans aucune fédération et çà aussi Paul Leduc l’a vécu. 

 

          La première année, les élèves mangent dans ta main, la 2e ils mangent à la même table que toi et à la 3e ils veulent ta place et le booking au complet.  C’est là qu’il faut garder la tête froide, avoir des yeux tout le tour de la tête et posséder deux ou trois bons poteaux fiables dans le vestiaire. 

 

          Je suis toujours heureux dans le vestiaire la fin de semaine car je me suis ennuyé de tout le monde, souvent je déconne et je suis niaiseux mais à travers çà je reste le président car mon sérieux peut revenir très vite.  C’est possiblement une de ses choses qui a manqué à Paul ou un paquet de choses je ne sais pas mais je ne comprends toujours pas.  Bonne chance Paul et bonne santé.  Un bonjour à ta femme, un à Kim, Yan et Carl car j’ai toujours été bien accueilli chez vous.

 

 

 

          J’ai devant moi le Journal de Montréal et j’ai lu l’article de Bertrand Raymond au sujet des déboires et insuccès de Jacques Rougeau. 

 

          Cela ne m’affecte pas car j’ai vécu semblable chose mais encore pire le 9 Décembre 1991 lorsque je suis entré en thérapie et je n’avais plus rien, seulement un sac vert à moitié plein de linge et esclave en plus d’une des plus terribles maladies soit dépendant de la cocaïne. 

 

          Jacques au moins a gardé sa conjointe, ses enfants, sa maison, sa voiture et son NOM de Rougeau.  Cette page de journal est en effet du déjà vu pour moi et une "game" d’apitoiement sous forme de marketing. 

 

          Oui Jacques surmonte des problèmes financiers mais qui n’en a pas aujourd’hui dans cette société d’où nous devons travailler sans cesse pour avoir un minimum de confort.  Jacques avait une occasion en or de se refaire il y a une couple d’année lorsque la W.C.W lui a offert un contrat et même si celle-ci est fermée, un contrat en bonne et due forme, c’est un contrat donc il aurait reçu son chèque aux deux semaines. 

 

          Jacques a repoussé du revers de la main cette alléchante proposition au fait que la violence était omniprésente et qu’il devait s’agenouiller devant "The Cat".  Le "break" dans la vie ne vient pas si facilement et oui depuis deux ans Jacques Rougeau travaille fort dans son projet qu’il croit dûr comme fer mais Jacques n’écoute personne, crois juste en lui, droppe souvent sa merde à des bonnes personnes mais son produit ne pogne plus et ne pognera jamais plus. 

 

          Les amateurs de lutte du Saguenay lui ont fait savoir le printemps dernier et ceux de Montréal à part les billets donnés ont fui le Stade Du Maurier.  N’allez surtout pas mettre la faute sur la série "Cart" car ce ne sont pas vraiment les mêmes amateurs même si cela n’a pas aidé. 

 

          Keven Martel a laissé la lutte car il avait besoin d’argent pour faire vivre sa famille et pour son travail il lui fallait des genoux en bonne santé.  Moi et Keven pensions se créer une job avec la C.C.W au contraire c’est un beau gros loisir de fin de semaine qui me demande 20 heures de travail par semaine et une pression hebdomadaire à savoir si je vais faire tous les frais de ce que la compagnie engendre. 

 

          Depuis le 4 Septembre dernier, je travaille dans une usine de porte patio à 10$ de l’heure ce qui me rapporte 300$ net par semaine et j’ai le contrat de déneigement de 81 boîtes aux lettres à la pelle S.V.P à Cap Rouge en raison de 60$ de la boîte ce qui me fait 4860$ pour l’hiver. 

 

          Il y a 10 ans lorsque je suis sorti de thérapie, j’ai fait du B.S. et je suis aller manger à la Soupière de Jonquière qui est une soupe populaire (d’ailleurs le gala du 3 Mai 2003 à Jonquière, 1$ du billet vendu ira à cet organisme) et j’ai recommencé à faire du taxi pour me refaire (chose dont tu as ris de moi à la télé)

 

          Et aujourd’hui je suis encore en forme et en parfaite santé.  J’ai compris  que je ne vivrai plus de la lutte et qu’il fallait choisir un autre domaine pour gagner sa vie, soit pour manger, se chauffer et payer son électricité.  Donc Jacques je n’ai pas de leçon à te donner, tu sais ce qu’il reste à faire, Dieu t’a donné une bonne santé, tu es encore à pleines culottes, hey bien la lutte c’est pas payant et surtout dans ton style.  Amuse-toi les fins de semaines tout comme moi , comme la I.C.W. la N.C.W. et la F.L.Q. et va travailler comme nous, c’est valorisant, c’est bon pour l’orgueil et çà forme le caractère .

 

          Lorsque l’on veut vraiment s’en sortir, tous les moyens sont bons et il n’y a pas de sots métier.  Si c’est pour sauver mes enfants, je vais en trouver des solutions mais il ne faut pas prendre ceux-ci en otages. 

 

          Pour le coté du coupage d’électricité, il y a toujours arrangement avec eux et souvent avant de tout couper, ils vous téléphonent pour prendre ces dits arrangements et vous envoient plusieurs avertissements par la poste donc j’en conclu que Jacques Rougeau est un mauvais payeur car il a fui à ses engagements.

 

          Peut-être pensait-il avoir l’hydro-Québec comme commanditaire. 

 

          Pour la piscine, c’est un luxe. Combien y a t-il d’enfants dans la province qui n’ont pas de piscines dans leurs cours?

 

          Les miens à ce que je sache sont très bien élevé(e)s, réussissent bien dans leur vie et sont très heureux . Tout comme moi, ils allaient dans les piscines publiques.

 

          Des jobs, il y en a plein dans le Journal de Montréal et celui de Québec; c’est là que j’ai trouvé les boîtes aux lettres donc la vie n’est pas toujours un hasard, tu choisis ce que tu es, ce que tu veux être et tu as toujours le choix de l’améliorer ou de l’empirer. Le boss c’est toi, c’est chacun de nous.

 

          Pour conclure, le 60 000 $ de déficit, pourquoi son frère Raymond Rougeau en qui j’ai un énorme respect, qui est millionnaire plusieurs fois n’a t-il pas ramassé la facture de Jacques? 

 

          À quelque part, que se passe-t-il dans  l’entraide familiale?

 

          Peut-être que Raymond, homme d’affaire averti connaît le moineau; en tout cas il y a anguille sous roche et pour tout ceux qui ont encore pitié de Jacques face à cet article, moi je n’embarque pas dans çà non pas parce que je n’ai pas de cœur au contraire, je donne et je prie pour les bonnes causes . Certains ont justement trop un grand cœur mais faites attention à vous car il n’y a pas de vaccin pour çà.

 

          Sur ce allons y avec le dernier sujet mais attendez moi un peu je vais baisser le chauffage car il fait chaud .

 

 

 

          À chaque mois de Décembre de chaque année, je fais un retour sur moi-même, mois où je suis entré en thérapie (9 décembre 1991) pour me faire soigner de cette terrible dépendance qu’est la cocaïne.

 

          Je revois encore tout mon groupe à la maison Mélaric et au Rucher et je me demande souvent qu’est ce qu’ils sont devenus tous. 

 

          Je suis le seul du groupe de 25 du début qui soit encore sobre et même quelques anciens intervenants qui m’ont aidé sont sur la rechute.  Le mois et l’an passé en feuilletant les journaux Photo et Allô police, j’ai revu un de mes anciens intervenants en prendre pour 25 ans éligible pour meurtre et un autre "chums" de thérapie se faire assassiner lors d’une chicane de junkies. 

 

          Je me disais: "Pourquoi ce n’est pas moi qui est là et c’est eux?"

 

          J’ai de la peine pour tout mon groupe car ils étaient tous là pour s’en sortir et malheureusement çà n’a pas marché pour tout le monde. 

 

          Pour ceux qui ne sont pas décédés car ils y en avaient qui étaient séro-positif et qui l'ont appris en thérapie, les autres continuent à souffrir soit qu'ils n'étaient pas prêts à la thérapie ou qu'ils sont retournés dans leur même monde négatif.

 

          Moi je me souviendrai toujours de mon Noël 1991 au Rucher de St-Casimir, un Noël d'où j'étais en sécurité, un Noël qui m’a fait ouvrir les yeux sur la vrai vie, une vie saine et équilibrée qui vaut la peine d’être vécue. 

 

          Le 9 Décembre 1991 lors de mon entrée à Mélaric, ma décision était prise et j’étais prêt à tout pour m’en sortir et là après ces 11 ans, je me donne ce mérite et en me couchant à chaque soir, je me dis à l’intérieur merci mon Dieu, je n’ai pas consommé.

 

          Même si je n’en parle à personne ou si cela ne paraît pas, sachez que je ne suis pas guéri et je me bats encore à tous les jours pour contrer mon envie de consommer.

 

          J’ai encore beaucoup de soubresauts de la cocaïne, soit des sautes d’humeurs soudaines, des tics de toutes sortes, souvent je fais des cauchemars ou des rêves hideux, souvent des méchants comportements qui ressortent et qui peuvent me mener a une rechute mais le déclic se fait rapidement dans ma tête, je me sers de mes outils et je me remets sur mes rails.

 

          Comment je fais ou je m’y prends?  Souvent je ne me sais pas car je me décris comme un espèce de "fucké" et comme je l’ai dit, je prends mes outils que la maison m’a donné + mon vécu et mon bon vouloir, je mélange le tout et cela donne 11 ans de sobriété. 

 

          À chaque jour, à chaque semaine, mois et année, c’est une victoire, la plus grande, la seule dont tu n’as pas le choix de "gambler". 

 

          En ce soir de Noël de cette année, je serai à la nouvelle maison du Rucher pour faire un partage de ma vie à tous les résidents qui ont choisi la route pour s’en sortir.  Il y a longtemps que je n’ai pas fait de meeting A.A et N.A ce qui m’a négligé dans mon cheminement mais partager devant une foule qui savent pourquoi tu es là, c’est un feeling incroyable car ma vie c’est aider le monde tout en m’aidant moi-même.

 

          Pour moi c’est un plaisir de vous parler chers lecteurs et de vous partager mon goût de liberté et je vous souhaite à tous le plus beaux des Noël en famille et une belle année prospère pleine d’amour, de joie et de lutte.  Dans mon cas je passerai Noël en famille et vendredi soir le 27 je serai à Verdun au gala de Lutte 2000!


    Bonne semaine,

    Sunny War Cloud

   

 

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