"Sous la tente" de Sunny War Cloud,

 

 

Chronique #33 (6 septembre 2002)

 

    Bonjour chers amateurs de lutte, 

                                                

Sans plus tarder je veux vous dire que mes trois dernières semaines ont été d'enfer, dûr à vivre même que la C.C.W. a passé à un cheveux de FERMER ses portes.  Vous ne le croyez pas, bien venez sous la tente, je vais vous partager ces dernières semaines à qui je dois un support à Karen, mes enfants ainsi qu'une bonne partie du groupe de la C.C.W. du moins ceux qui étaient au courant des intempéries.

 

          Souvent nous entendons dire de part et d'autres que l'on grandit dans nos épreuves, que l'on prends de l'expérience, de l'assurance et oui de L'ASSURANCE parlez moi de ce mot, un mot qui fait peur croyez-moi.  Relatons les faits.

 

          Moi au Centre Mgr Marcoux, je signe un bail de Septembre à Septembre et le Centre m'exige une assurance responsabilité civile pour les spectateurs, preuve que je dois avoir en main le jour de la signature du bail.  En passant seulement une compagnie assure les risques de ces événements :

 

La Lyods de Londres. 

 

          Chemin faisant c'est Lundi le 5 Août que les maux de tête ont commencé à se faire sentir en plus d'être fatigué de trois jours de lutte consécutifs et de trois autres qui s'en venaient dans la prochaine fin de semaine. 

 

          Ce Lundi a débuté avec une demande de kevin Martel de rapprocher le gala Summer Breakout du 24 Août au 17 de par une offre d'emploi en Europe tout en m'expliquant que ce 24 il ne serait pas disponible; son nouvel emploi le mènerait justement la semaine du 24 dans l'autre continent.  Si ce n'est que ça, cela s'arrange toujours car c'est un problème que tout promoteur à quelque part a eu à composer. 

 

          Dans l'après midi de cette même journée, étant quelqu'un de prévenant, je place un appel à mon courtier d'assurance, histoire de lui faire penser à mon renouvellement, celui-ci venant à échéance le 7 Septembre 2002. 

 

"Pas de réponse M. Rancourt, je n'ai rien reçu encore.  Je vous tiendrai au courant des faits aussitôt que j'aurai des nouvelles d'eux" lance mon courtier.        

 

          Dès lors mes inquiétudes ont commencé à se faire sentir.  De plus je commençais à maudire l'été chaude et humide que nous avions, les spectateurs se plaignant avec raison de la non-climatisation du Centre Marcoux et je voyais l'expo s'en venir d'un très mauvais oeil.  Là dessus, j'ai cancellé ma publicité payante dans le journal de Québec pour Summer Breakout car même si je placerais une page au complet, je ne peux me battre contre l'expo et la belle température; je préférais par contre garder celle de la Radio soit CHOI Radio X parce que je crois que celle-ci rejoint le plus, les amateurs de lutte.

 

           Arrivé au 17 Août à Summer Breakout au son de la cloche à 20:00, je fus surpris du peu d'assistance avec la carte que j'avais (ladder match + bikini contest) .  La température et l'expo ne peuvent faire autant de ravages, c'est impossible (J'attendais 300 payants et j'en ai eu 165). 

 

          De retour au vestiaire après le ladder match qui fut époustouflant, j'ai demandé à tout mon personnel si ils avaient entendu ma publicité à CHOI.  Tout le monde ont répondu dans la négative et c'est pour cette raison que j'ai demandé aux fans la même question par le biais du Forum. 

 

          À la fin du Gala, quelqu'un me dit d'aller voir Simon l'annonceur qui demande à me voir au 2e étage du Centre.  À mon arrivé devant lui, Simon semblait épuisé, il était assis dehors sur la passerelle grillant une cigarette et là je sentis la lourdeur des propos à mon endroit.

 

- "Sunny, je t'aime beaucoup et j'aime tout le monde ici mais c'est fini pour moi.  Je te demande un grand congé pour me remettre en dedans de moi et ce n'est pas un question d'argent car tu m'as toujours bien traité." 

 

- "Simon je te respecte dans çà mais j'aimerais que tu viennes pour mes gros shows." 

 

-"Je ne sais pas Sunny, j'ai besoin de temps" et il est parti. 

 

Une droite en plein visage.  Simon, c'était mon homme, mon joyau, ma fierté.

 

          Mardi suivant, le 20 après vérification, mon vendeur de publicité à CHOI m’apprend qu’effectivement, ma publicité n’a jamais passée parce que la date du 24 au 17 n’a pas été changée (leur erreur) et qu’ils prendraient soin de moi et ce gratuitement à l’automne.  (Ce qui explique la maigre foule à Summer Breakout).

 

          Une heure plus tard, la sonnerie se fit entendre et sur l’afficheur c’est D.J Milenko.  Lui aussi m’annonce qu’il quitte pour raisons personnelles mais là c’est plus détaillées.  

 

          Là c’est une gauche au visage.  

 

          Vous ne remplacez pas Simon et D.J Milenko par un simple appel téléphonique croyez-moi.  Ces deux-là avaient une chimie ensemble et travaillaient de concert par un simple geste.  J’ai dû fouiller dans mes réserves pour remplacer tout ce beau monde et là j’ai vu que j’avais quand même de la profondeur dans ma fédération.

 

            Des gens prêts à prendre la relève et à accepter de nouveaux défis.  Jade que tout le monde aime a accepté de remplacer Simon et je la remercie beaucoup.  Encore un brin de nervosité mais c’est çà le thrill, moi aussi après 32 ans le 27 Septembre je suis encore nerveux au son de la cloche.

 

           Pour le poste de D.J, mes amis Patrick et Dave s’occupent très bien de la tâche et eux aussi je leur dis merci.  Le plat principal et le dessert s’en viennent restez-là.

 

          Mercredi le 21, mon courtier d’assurance me rappelle pour me dire que ceux-ci ne veulent pas me rassurer car ils sont à pleine capacité et là je suis à deux semaines de mon échéance et Keven Martel partit pour 8 jours en Europe ne peut m’être d’aucun secours moralement.

 

            La nouvelle s’est propagée un peu partout à la C.C.W et même que je place des appels à Ludger Proulx et Paul Leduc afin d’avoir de l’aide d’eux mais encore là comme mentionné plus tôt, nous avons tous la même assurance, c’est que moi je ne suis pas dans le "timing" présentement.

 

            Je place plein d’appels à plusieurs courtiers, d’autres membres de la C.C.W m’envoient à d’autres du même genre, enfin je me réconforte à voir que tout le monde mets du sien et que personne ne veut voir la C.C.W dans le pétrin.

 

          Samedi le 24, je me prépare dans l’après-midi et de là un appel sur mon cellulaire et c’est Keven Martel qui s’informe depuis l’Europe mais à peine je l’entends.  Je lui fait savoir que nous sommes dans la merde jusqu’au cou et il dit de ne pas s’inquiéter qu’il sera de retour lundi le 26.

 

            De là, tous les courtiers à qui j’ai demandé de l’assurance me font savoir que je ne suis pas assurable que c’est seulement les Lyods qui assure.  Un en autre je lui dit :

 

  "Oui mais qui assure les manèges à la Ronde et à l’Expo Québec, c’est bien plus dangereux qu’une cabine parte dans les airs que moi dans ma salle de lutte et le Village Des Sports alors, tout est plus sujet à accident que moi."

 

          Je sais qu’il y a des salles où ils n’exigent pas d’assurances mais où les trouver.  À Charny et au Centre Horizon, ils n’en demandent pas mais elles sont tous prises à l’année maintenant et les sous-sol d’église, je les ai presque tous visités, soit que le Curé ne veut pas de lutte ou bien le plafond est trop bas.  Pas d’assurance ailleurs, je suis prêt à prendre le risque car avec mes barrières anti-émeutes et mes bons gars de sécurité, la marge est presque inexistante.

 

          Et dans la vie si tu ne risques rien, tu n’as rien.  Je suis allé voir des locaux genre "entrepôts" afin d’être chez moi, de créer le Centre C.C.W, d’être ouvert 7 jours sur 7, avec le ring en permanence, mon restaurant, mon bar, mon kiosque, mon bureau enfin être chez moi.  Je suis prêt à payer 3,000$ par mois pour avoir la paix des assurances et du Centre Marcoux car souvent je ne suis plus désiré ici car ils n’ont pas besoin de mon argent, ils vivent de subventions.

 

           Un seul endroit que j’ai visité aurait fait l’affaire mais il est dans le parc industriel à Ste-Foy.  Les autobus n’y vont pas donc les fans non plus. 

 

           La ville de Québec? Le maire l’Allier n’est pas un sportif, il a déjà voulu débâtir le stade municipal et le conseiller Claude Larose chargé des locations ne veux pas m’écouter et encore récemment il a loué à des party "Rave".

 

Est-ce qu'ils sont achalé par les assurances eux?

La Ronde et le Village des sports vont-ils fermer lorsqu'ils n'auront pas de renouvellement?

 

          Du moins c'est plein de questions que je me posais en visionnant le "Raw" du 26 Août et en me disant que mon ami Keven Martel reviendrait demain et qu'ensemble nous formons une équipe magique.

 

           Entre temps je rappelle mon courtier Mardi matin et il me dit que la compagnie Lyods a mangé toute une volée lors des événements du 11 Septembre 2001 à New-York et c'est pour cette raison qu'il n'assure plus depuis Mai dernier.

 

          Enfin Keven est arrivé et il me dit de venir le voir chez eux tout de suite.  Là je suis tout emballé car je me suis ennuyé de lui et que là nous pourrons peut-être solutionner ce problème par une idée qu'il avait eu d'avec le Centre Marcoux.

 

          Voilà que devant lui, il m'annonce sa RETRAITE, qu'il a mal constamment au genou gauche et que son nouvel emploi lui demande d'être en condition physique sans être blessé.  Je ne sais quoi dire.  Il rajoute:

 

"Écoute Sunny, la lutte c'est pas payant et j'ai besoin de travailler car j'ai une famille et d'ailleurs regarde comment c'est du travail la C.C.W, les assurances, le Centre Marcoux, c'est toujours de la "merde" partout.  Je n'ai plus de feu et de force pour continuer."

 

Et de là il est sorti de mon auto.

 

Arrivé à mon domicile, j'ai dit à Karen:

 

"Je ferme la C.C.W tout est à vendre".

 

          Un appel de New God pour vendre un de mes rings, un autre à la J.C.W pour mes barrières et j'entreposerai le tout. 

 

          Cette fin de journée et le lendemain le 28, je n'existais plus, une larme de temps à autre mais je ne me sentais coupable de rien car le travail et le flambeau avaient été portés toujours fièrement mais là après tant d'épreuves, je ne pouvais plus tenir le coup;  les assurances étant la pièce majeure de mon casse-tête.

 

          Là je comprenais Ludger Proulx de ce qu'il avait vécu l'an passé lorsque les dirigeants de l'ancien centre de la rue St-Germain lui avait indiqué la porte après tant d'années de labeur, tant d'années à faire des sacrifices et à se donner corps et âme pour remplir sa salle.  Je me retrouvais un peu au même point.

 

          De là je me suis rendu à l'édifice de la protection du consommateur pour me plaindre et avec raisons dû à ce que je n'ai jamais eu de réclamations et ils m'ont dit d'appeler à tel numéro 1-800- et qu'ils n'avaient pas le droit de me refuser car j'étais déjà un client.

 

          Pendant ce temps, fâché et déçu de la décision de mon ami Keven Martel, je le maudissais de m'avoir laissé tomber, de ne plus foncer avec moi, je veux comparer la chose comme une bande de "Heel" qui me frappent sans cesse au centre du ring et que lui en fixant la chose, refuse de me donner le "tag" et me tourner le dos.

 

          Soudain Jeudi le 29 Août, mon courtier me rappelle et me dit que le tout est positif, que la compagnie me donne une extension jusqu'en Janvier 2003 et qu'il travaille déjà sur le dossier pour le renouvellement.  Là je respire, là je reprends des forces, mes efforts sont récompensés. 

 

          Je délègue le "booking" à Eric Picard qui est quand même un travaillant et un leader dont je peux avoir confiance.  Pour ce qui est de Kevin lors de son annonce de retraite, il m'avait donné une notice de départ qui était celle de Payback du 28 Septembre; mais lors de son arrivée vers 18:00 au Centre Marcoux Samedi passé, il paraissait gêné de venir me voir et il a affirmé à Eric Picard qu'il ne luttait plus et que c'était ce soir le grand soir de la fin.  À l'autre bout de la salle, j'étais furieux, rouge de colère et d'un pas sûr je fonçais vers lui. 

 

Arrivé à sa hauteur je lui dis :

"Kevin viens en arrière, il faut que je te parle." 

 

Arrivé "backstage" je lui dis :

 

"Kevin te rappelles-tu lorsque nous avons ouvert la C.C.W., nous devions mourir ensemble et tu m'as toujours dit que lorsque tu ne luttais pas, tu étais malheureux." 

 

          En me regardant, il m'a pris dans ses bras et m'a avoué qu'il m'aimait plus que son père tout çà en pleurant et moi-même j'ai décollé dans le même sens.  Je lui avait tout pardonné et promis qu'il serait toujours le bienvenu  ici. 

 

          À 20:00 au son du "are you ready", il est allé au centre du ring expliqué aux spectateurs la décision qu'il avait prise et de là tous les lutteurs à ma demande sont allés le rejoindre aux applaudissements de la foule.  C'était lourd au Centre Marcoux, l'émotion était à son plus fort même que plusieurs étaient inconsolables.  En quittant le ring, Kevin s'est aussitôt dirigé vers la porte de sortie avec sa petite famille et je ne l'ai plus revu.

 

          Sa décision était prise et de là je la respecte.  D'ailleurs d'où le respect que je porte en lui, c'est que l'endroit où il avait dans le vestiaire depuis le tout début restera vacant, son espace restera libre car il a fait beaucoup pour la C.C.W. et lors de l'événement Lord of the Ring du 16 Novembre 2002, le trophée remit au vainqueur portera le nom du trophée Kevin Martel.

 

          Je perds le meilleur lutteur de la C.C.W. et de la province, peut-être un talent hors de l'ordinaire qui serait à l'aise aujourd'hui, un talent gaspillé diront certains mais chacun à sa vie et est maître de celle-ci.  Les assurances sont réglées, la salle aussi et de nouvelles personnes remplaceront ceux qui sont partis.  Peut-être un vent nouveau, de nouvelles idées à la C.C.W. sur ce je fais confiance aux nouveaux élus et la vie continue. 

 

Bonne chance Kevin je t'aime Sunny.

 

          Sur une note plus gai, je ne peux m'empêcher de parler du 24hrs de lutte de la I.C.W.  C'était la première fois que j'y étais et croyez moi, ce ne sera pas la dernière.  

 

          J'ai été accueilli et soigné comme un Roi par Ludger et Serge Proulx et toute la bande de la I.C.W.  Je me suis amusé toute la journée comme un enfant, même si j'ai lutté trois fois, j'ai relaxé car j'étais seulement le boss de mes bottes de lutte.

 

          Chapeau à la I.C.W. pour cette journée mémorable, vous m'avez fait du bien après ces trois dernières semaines, enfin c'est le cadeau que je me suis offert en ce Dimanche ensoleillé.



    Bonne semaine,

    Sunny War Cloud

   

 

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