"Sous la tente" de Sunny War Cloud,

 

 

Chronique #23 (18 février 2002)

 

    Bonjour chers amateurs de lutte, 

                                      

        Je ne sais pas par où commencer car les sujets affluent de toute part mais venez sous la tente autour d'un bon feu nous allons en discuter un peu mieux car c'est frisquet dehors; pour ceux qui prétendent que nous n'avons pas d'hiver, vous vous trompez car nous avons autant de neige que l'an passé présentement; je déneige aux deux jours ces temps-ci à Cap-Rouge.

 

          Depuis ma dernière chronique d'où je vous ai laissé en parlant de la directrice d'école de ma petite fille qui voulait empêcher les jeunes du primaire de regarder et d'aller à la lutte, impossible de la rencontrer car elle est en congé maladie et ce à plein salaire.  J'espère qu'elle a le temps de regarder les nouvelles à la télé et dans les journaux ces temps-ci à propos du hockey mineur à Québec car c'est rempli de violence gratuite que ce soit les parents, ou les joueurs, le spectacle en est dégradant justement Taxman qui est arbitre au hockey mineur à Québec s'est fait tabassé par trois jeunes de calibre junior et un parent de ceux-ci Mardi passé; la police est intervenue pour mettre fin aux hostilités.  Oui il y avait des enfants dans la foule et beaucoup à part çà.  Quand voyez-vous çà à la lutte?

 

 

          Sur ce je ne peux être insensible à la décision de Steve Charette que j'aimerais saluer en passant.  Je crois que Steve veut refaire le plein, réévaluer sa situation et de plus exploiter de nouveaux horizons.  Je peux vous garantir une chose cependant, il a la piqûre et il ne pourra rester trop longtemps à l'ombre les fins de semaine.  Après une couple de mois, les Samedis deviendront monotones sans lutte sur l'agenda.  Pour l'instant à toi Steve et Valérie, je vous souhaite du bon temps et vos noms sont sur la liste d'invités à l'entrée de Centre Mgr. Marcoux les samedis soirs.

 

          Les jeux d'hiver à Salt Lake City, ils sont bien passés proche d'être à Québec.  Une chance pour la C.C.W car cela aurait été destructrice pour la fédération et ce pour au moins trois semaines. 

 

          La fièvre du Monday Night Raw a envahi la province et de manière explosive, tous les billets sont vendus ou presque.  J'ai mes billets Oui mais je ne sais pas si je serai du rendez-vous.  Je n'aurais pas eu besoin de billets car je connais à peu près tout le monde que ce soit à l'entrée de derrière (l'entrée des lutteurs) et des lutteurs eux-mêmes mais c'est là le "hic".  En discutant avec Brick Crawford la semaine passée, il m'a avoué très sèchement qu'il n'y serait pas pour cause sentimentale et cela m'a porté à réfléchir sur ce point car moi aussi je suis fait comme Brick Crawford.  Nous avons voyagé ensemble, fait le tour du monde ensemble et nous avons vécu avec plusieurs lutteurs qui sont à la W.W.F présentement.  Cela peut nous faire du bien ou nous faire mal très mal et c'est ce mal que nous n'avons pas besoin de vivre.  Une visite au Centre Molson sans aller faire un tour dans les vestiaires c'est impossible pour nous car il y a un bout de notre vie qui est là avec les "boys".  Les Benoit, Jericho, Storm, Blackman, Regal, Edge, Finlay sont allés aux mêmes endroits que nous, ils ont partagé nos logements, on les a battu, ils nous ont battus.  Nous allions tous à la même toilette le matin.

 

 

          Aujourd'hui ils sont rendus là et nous, nous sommes ici.  Pourquoi à part d'être Québécois?  Nous le saurons jamais mais il est vrai comme je l'ai déjà mentionné que ces gars là n'avaient pas d'obligation comme nous; mais à part çà dans ce temps-là, nous faisions la même lutte qu'eux et prenions les mêmes "bumps".  Mais huit à quinze ans plus tard, vont-ils nous regarder de la même façon?  Essayez aujourd'hui de parler à Patrick Roy, vous verrez qu'il est dûr à atteindre.  De plus je suis incapable d'aller voir de la lutte si je ne suis pas impliqué.  Je verrai en temps et lieu si je vais y aller, tant qu'à Brick Crawford, il continuera de l'écouter à la télé.

 

          J'oubliais le journaliste du Soleil à Québec, M.  Normand Provencher.  En passant je remercie de tout coeur tout ceux qui se sont portés à mon secours suite à cet article paru cette semaine mais je vais vous révéler ce que j'en pense réellement.  J'ai lu et relu la texte plusieurs fois et j'en suis venu à la conclusion que M.  Provencher m'a fait connaître à Québec car il a parlé de la C.C.W et le mot "lutte"  a été inscrit  en grosses lettres au haut de la page 5.  J'ai déjà acheté de la publicité dans le Soleil en décembre dernier et le vendeur a récidivé plusieurs fois afin que je sois un client régulier mais je lui ai répondu que la lutte c'est du donnant-donnant donc je suis prêt à acheter mais viens couvrir mon "show".  Le journaliste en tant que tel n'est pas un amateur de lutte et n'est pas obligé d'aimer le spectacle et d'en devenir un fan assidu.  Je ne savais pas qu'il était là et personne ne sait qui il y a dans notre foule.  Il a payé son entrée sans se nommer, il a écrit ce qu'il a vu en somme il a fait son travail et est reparti. 

 

          J'ai lu la nouvelle car je suis abonné à ce journal mais à part le dernier paragraphe, c'est la réalité.  Je ne suis pas d'accord mot à mot avec ce qu'il a dit, mais en cette période de l'année d'où le Carnaval de Québec, le tournoi Pee-Wee et les Jeux Olympiques hypothèquent presque tous les médias, je me sens choyé d'avoir fait la manchette de la moitié d'une page.  Donc chers lecteurs, ne lapidons pas trop vite M.  Provencher et cessons de parler de façon cavalière à son endroit et ne le discartons pas trop rapidement de la lutte car il a parlé de nous, que ce soit en bien ou en mal il a déplacé son "cul" tout en mentionnant que la lutte à Québec n'était pas morte au contraire en bonne santé, seule la foule était médiocre dû à cette maudite parade du Carnaval et cela en sera de même pour Revenge de ce Samedi car plein d'activités gratuite aux quatre coins de la ville en plus du tournoi Pee Wee qui commence mais au moins j'ai eu une pub d'une demi-page.  Ne me demandez pas de couvrir une soirée dans un tournoi de curling ou d'écouter une partie de ping-pong à la radio, vous verrez des commentaires très peu élogieux voire pire que M.  Provencher.  Si un jour à Montréal vous voyez Réjean Tremblay ou Ron Fournier dans une salle de lutte, prenez soin d'eux en leur offrant un bon café et n'oubliez pas de cirer leurs chaussures car vous verrez leurs témoignages seront des plus ténébreux.

 

          Voilà maintenant parlons du sujet principal de cette chronique, la semaine passée faisant un barème rapide sur tous nos élèves qui sont passés à l'école de lutte de la C.C.W, je me suis heurté à seulement 18 qui sont passés à travers, oui je veux dire 18 qui luttent présentement sur le ring de la C.C.W sur un total de 183 inscriptions jusqu'à maintenant.  Pas beaucoup vous direz.  Ce n'est pas donner à tout le monde de faire de la lutte et ne devient pas lutteur toute personne qui veut.  Cela prend des sacrifices incroyables, une disponibilité primaire en plus d'un talent naturel et d'une mémoire infaillible.  Je veux même vous dire que l'on vient au monde lutteur.  Vous avez bien lu, c'est seulement 10% qui ont passé.

 

Où sont les autres?

 

          Certains ont lâché après 1, 2, 3 entraînements, d'autres pensaient que l'arène était synonyme de trampoline, une dizaine se sont fait mal et ont simulé des maux de dos et de genoux afin de partir en douce. Une petite majorité manquaient à l'appel les fins de semaines cause de soupers, d'anniversaires, de maladie ou de non transport.  Écoutez, il faut souffrir pour devenir lutteur et lorsque je parle d'un lutteur, c'est un gars qui lutte à toutes les semaines ou presque sur le ring de la C.C.W.  Je ne connais pas les méthodes d'entraînements de la I.C.W et de la N.C.W, ils ont formé des bons hommes certes, je les ai vus mais ce qui me concerne c'est la C.C.W.  Là dessus plusieurs élèves se sont aperçus qui en d'autres mots ne "l'avaient pas" mais par amour de la lutte et de notre professionnalisme nous donnent de leurs temps bénévolement dans toutes sortes de tâches à ce qui attrait à la fédération; je les en remercie car sans eux, je ne pourrais que fonctionner très difficilement. 

 

          Pour la mémoire d'un lutteur, sachez que nous ne sommes plus dans le temps où les lutteurs étaient des gros sans cervelles, sans éducation, des gros brosseux qui n'avaient aucun savoir-vivre.  La lutte a changé, les lutteurs aussi.  Voyez comme c'est rapide aujourd'hui à la télé, cela prend de l'intelligence et de la mémoire pour suivre le rythme d'une forme extraordinaire.  Pour suivre la cadence sans se mêler dans les mouvements, çà prend de la mémoire à savoir vaincre la nervosité.  Un bon vocabulaire, une belle présentation et un sens de la communication sont de mise, car il faut vivre aux sens du public, deviner ce qu'ils veulent enfin leur donner satisfaction. Vous voyez tout çà c'est une école mais au fond de toi tu dois déjà avoir une base de lutte, un instinct innovateur, comédien en plus et non disgracieux.  C'est un peu pour cette raison que généralement après 28 ans, tu ne deviens pas lutteur.  Le processus d'apprentissage devient plus lent en vieillissant et vous voyez ceux qui sont arrivés à l'école de lutte à cet âge et plus végètent et essaient de se trouver  dans le ring malgré une bonne forme physique.  Dans le style de lutte d'aujourd'hui, les exceptions n'existent pas.

 

          Mais si nous parlions des jeunes soient les 14 à 20.  C'est incroyable comment ils ne sont pas en forme.  Leur cardio est nul malgré que souvent sans gras sur le corps, ils ne peuvent courir un kilomètre.  Ces dits jeunes ne sont pas forts non plus; plein sont retournés car ils étaient incapable d'enligner cinq push-up au test préliminaire de Kevin Martel alors que celui-ci en demandait 20.  Les jeunes sont maigres ou excessivement gras dans les deux car sans aucune force apparente.  Un homme normal doit lever son poids au bout de ses bras.  Mais je veux vous dire que les jeunes de 1970 et d'avant étaient plus fort que ceux d'aujourd'hui.  Mais à quoi attribuer le fait que l'échelle de l'indolence soit aussi bas.  À qui la faute encore une fois?  Plusieurs jeunes ne font pas de sport.  Est-ce la faute des parents?  Font-ils du sport eux?  Montrent-ils l'exemple?

 

          C'est un bon cliché car ayant travaillé trois ans comme transporteur au sein de la D.P.J, lorsque je voyais les parents en cour du Palais De Justice, le lien était vite fait avec le jeune et souvent les parents n'étaient pas présent.  Vous savez les enfants lorsqu'ils viennent au monde, ils sont tous beaux, tous mignons mais ils grandiront et s'inspirerons dans ce qu'ils voient, dans ce qu'ils leurs seront éduqués.  Oui, il y a des exceptions mais ils sont rares.  Les jeunes d'autrefois aussi jouaient dehors, passaient tout leurs temps à l'extérieur à faire de la bicyclette, sur les terrains de jeux et sur les patinoires l'hiver.  Aujourd'hui ils sont ancrés dans les ordinateurs, les Playstations ou autres et dans les clubs vidéos.  Mes enfants sont pareils mais je leur ordonne de jouer une heure par jour dehors.  Nous sommes dans l'ère moderne mais encore dans notre temps nous avions rien de cela.  La nourriture aussi, c'est 50% de notre vie.  Tu es ce que tu manges; c'est ton essence, ta vitalité, ton énergie, ta force et plus.

 

          Les Mc Do, les marchands de poutine font des affaires d'or sans compter que plusieurs jeunes arrivent à l'école et n'ont pas déjeuner.  Le premier repas de la journée est le plus important, c'est lui qui guidera ta journée.  Il est vrai cependant que la vie se déroule plus vite aujourd'hui, il me semble que l'horloge n'arrête jamais.  Les horaires de travail de certains parents sont compliqués et comportent souvent des désagréments à l'heure des repas ce qui fait que très souvent les enfants sont confrontés aux fast food ou aliments de deuxième ordre.  Mais un fait que je veux vous faire remarquer, c'est que lorsque j'étais jeune soit au primaire ou secondaire peut importe, sur une classe de 30 élèves que nous étions dans le temps, un ou deux élèves sur le nombre, les parents étaient divorcés alors qu'au moment présent dans les classes de mes filles qui sont en 2, 3 et secondaire 2, près de 80% par seulement de la classe mais de l'école ne vivent qu'avec leurs mères ou pères.  C'est aberrant et j'en suis l'un deux mais moi au contraire je prends un soin jaloux de tous ces marmots et même des plus vieux.  Demandez à Mélissa. 

 

            Souvent le couple séparé en deux, l'argent manque, les difficultés financières affluent et les problèmes surgissent.  Souvent lorsque le désordre entre les conjoints est en main event tout cela se reflètent dans l'humeur, dans l'atmosphère, dans le sommeil, à l'école et même sur la table.  Donc ainsi est la vie et je crois avoir touché à toutes les nuisances ou obstacles de la vie a ce qu'un jeune réussisse dans ces buts, mais pour ceux à qui les cinq dernières minutes de lecture ne touchent pas, regardez-vous la même lutte que moi à la W.W.F.?

 

          Vous avez "The Rock" ou "Triple H" comme idole, hey bien mangez des légumes, du poulet, du poisson, des fruits, des bonnes viandes rouges extra-maigre, buvez des bons mix de protéines, entraînez vous dans un bon gym, courez à tous les jours, faites vous bronzer, dormez huit heures par jour et là vous améliorez de beaucoup vos chance d'être un lutteur, de vivre en santé et de bonne humeur; vous verrez vous en retirerez plein de dividendes en vieillissant car vous n'aurez pas peur de demeurer loin des hôpitaux.  Où le soleil entre, le positif y est et le médecin n'y vait pas.  C'est l'heure du souper, je vous laisse à la prochaine.

 

"Karen qu'est-ce que l'on mange ce soir?"

 

"Sunny je ne veux pas salir de vaisselle, je veux aller au Mc Do."

 

"Non jamais!  Je suis barré à cet endroit.  Vas-y et moi je vais au Subway."

 

           Je vais vous faire une confidence.  Ma conjointe ne sait pas faire à manger, elle fait bouillir de l'eau et elle pogne au fond.

 

    Bonne semaine,

    Sunny War Cloud

 

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