"Sous la tente" de Sunny War Cloud,

 

 

Chronique #16 (19 août 2001)

 

    Bonjour chers amateurs de lutte, 

                                      

           Je m'excuse auprès de mes fervents lecteurs mais le temps me manque un peu ces temps-ci pour écrire car du jeudi au dimanche matin je n'arrête pas.

 

          J'ai été très flatté de par le commentaire de Jean Sarrasin à mon égard.  Merci beaucoup pour ce paragraphe positif.  Je me sens valorisé dans tout çà et c'est là mon vrai salaire que j'en retire de la lutte.

 

 

 

          Je ne sais pas si Jerry Lawler a lu ma chronique précédente au sujet des conjointes mais sa loyauté envers son ex-amie, "The Kat" lui coûte cher, très cher.  Il doit la trouver moins belle aujourd'hui; elle qui l'a laissé mais laissez-moi vous dire qu'il n'est pas "cassé" $$$.  J'ai travaillé pour lui deux semaines en 1985 au Tenessee sous la recommandation de Jos Leduc.  Les "maisons" étaient très bonnes et Lawler qui était le promoteur faisait de l'argent comme de l'eau mais nous les lutteurs devions regarder notre chèque de paie à la noirceur tellement il était bas.  Je suis parti de là car je crevais de faim.

 

 

 

          Je suis dans le renouvellement de mes commanditaires et à la recherche de nouveaux également mais c'est l'enfer ces temps-ci, tout le monde est en vacances, personne ne remplace personne.  J'y ai même appelé le Pape, il était lui aussi en vacance.  Un autre qui se dit homme d'affaire averti, hey bien sa ligne personnel est occupée, oui ça sonne occupé;  Pas de cellulaire et chez eux oui c'est occupé.  Écoutez, on est en 2001, on va sur la Lune, on guérit presque le sida et il n'a même pas les moyens d'avoir une double ligne.  Çà coûte 2.00$ par mois de plus.  Je crois que je vais organiser un téléthon pour ce genre de catégories de personnage.

 

 

 

          Sur ce vous savez quand çà va mal, çà va mal.  Je veux vous partager ma journée du 3 Août dernier lorsque la C.C.W opérait en double en ce Vendredi tumultueux, soit à Québec et à St-Damase en Montérégie. À mon réveil à 7:00 par une belle journée ensoleillée, mon téléphone se fit entendre et de là mon technicien monteur de ring m'apprend qu'il ne peut être au rendez-vous car son travail principal le réclame. "Çà commence bien, mon ring est brisé et Patrick n'est pas là.  Moi qui n'est pas manuel, que voulez-vous, je me débrouillerai avec quelques bénévoles."

 

           Arrivés à 9:00 au Centre Marcoux, j'essaie bien avec un autre gars de réparer ce bris mais lorsque ce n'est pas ton métier; en somme nous avions l'air de deux esclaves autour du ring.  Un appel à Kevin Martel l'avertissant de tout çà et que je dois partir pour un rendez-vous à 10:00 pour un commanditaire.  Il me répond: 

 

"Je vais être là de bonne heure et je vais tout arranger çà"

 

           Je pensais en moi-même, Kevin n'est pas mieux que moi car il est comme moi, il ne sait que lutter.  De là je dois partir rencontrer le commanditaire car après une première visite lundi passé, celui-ci m'a demandé de passer ce vendredi à 10:00 pour une réponse qui serait à son avis favorable.

 

           Ponctuel au rendez-vous, un employé me dit que le patron est parti pour 10 minutes.  Après 30 minutes, je demande à le rejoindre car mon temps est précieux ce Vendredi.  Le même employé après l'avoir rejoint me dit: "Le patron a dit de revenir entre midi et 13:00."  Bon au moins il me dit de revenir, c'est bon signe. En sortant du commerce, je remarque un magnifique bateau tout neuf,

 

           "Oui c'est le patron qui vient de se le procurer" me dit un employé. 

 

           "Il s'arrange bien le Boss."

 

            De retour à midi, l'employé me dit que ce ne sera pas long car il dîne dans son bureau.

 

            "Au moins il ne prend pas deux heures pour dîner dans une broue bouffe."  Quinze minutes ont passé et le voilà en face de moi, l'air en contrition m'expliquant qu'il ne peut embarquer car les temps sont dûrs.  Sur ce je lui réponds poliment qu'il aurait pu me le dire lundi passé ou bien ce matin au lieu de me faire revenir deux fois ici surtout que c'est à l'autre bout de la ville.  Je lui ai au moins demander de me faire prendre en photo en avant de son bateau. Revenu au Centre Marcoux à 13:30, mon technicien de ring m'apprend sur mon cellulaire qu'il terminera de bonne heure et qu'il sera là avant 16:00. "J'espère Patrick parce que je dois partir à 15:00 pour St-Damase qui est à 30 minutes passée St-Hyacinthe". Franchement deux programmes dans la même journée aux mêmes heures, c'est de la grosse ouvrage mais je laisse de bonnes personnes fiables à Québec dont ma conjointe, Kevin Martel qui dirigera le groupe et plusieurs bénévoles.  À mon départ à 15:20 je croise Kevin sur le stationnement du Centre Mgr. Marcoux et il est désemparé de me voir partir, lui qui aura à tout superviser en solo avec comme premier obstacle, l'arène qui est toujours brisé.  Sur ce je décolle dans ma petite voiture qui n'a pas d'air climatisé par un mercure de 30 degré celsius. 

 

            Arrivé à 17:00 à Drummondville, j'arrêtai au Rôtisserie St-Hubert afin de souper; de là à la porte, j'attends que quelqu'un vienne me placer mais le préposé fait le tour de moi en s'empressant de demander aux gens si ils voulaient des places fumeurs ou non. 

 

            "Hey moi qui va me placer, je suis arrivé devant tout ce monde?"

 

            "Je m'excuse je ne vous ai pas vu".

 

            "Pourtant je suis assez remarquable".

 

          Assis depuis 5 minutes, personne ne vient me servir jusqu'au temps que je me lève et que j'aille voir le responsable.  J'aurais été mieux d'aller au Mc Do ce serait été plus rapide. Reparti à 17:45, je loge un appel au Centre Mgr. Marcoux mais de là ma conjointe me répond que Patrick n'est pas encore arrivé et que le ring n'est toujours pas réparé.  Mon cellulaire sonne, c'est Patrick. "Hey Sunny, je viens de finir de travailler et je suis à Ste-Foy; est-ce que quelqu'un peut venir me chercher?". "Écoute Pat, appelle au Centre Marcoux ou prend le bus, moi je n'y peut rien je suis trop loin.  Dépêche-toi car Kevin va être en colère."

 

           À 18:30 je quitte la 20 et je prends l'embranchement de St-Damase.  Passé Ste-Madeleine, je file à 100 km sur une belle route droite à seulement 11 km de ma destinée tout en contemplant les énormes champs de maïs qui s'offrent tout au long de chaque côté de la route; une petite brise, un beau ciel bleu tout était là pour me faire oublier un peu le Centre Mgr. Marcoux.  Tout fin seul sur la route j'aperçu au loin un clignotant rouge et un panneau Stop.  Je ralentis, un stop à l'américaine, un regard à droite et très vite à gauche et là c'est trop tard: PAF!!.  Une voiture qui en doubla une autre me ramassa le devant gauche et après trois tours complet, ma voiture s'immobilisa à 50 pieds plus loin tandis que l'autre reprit le contrôle et s'arrêta à quelques cent pieds avec moins de dommages.  Je débarquai de l'auto abasourdi quelque peu mais pas plus qu'un "tackle" venant de Sailor White ou de Brick Crawford. Un attroupement de personnes arriva pendant que mon adversaire sur la route nerveux comme une poule me demanda si j'étais blessé.

 

"J'ai fait mon Stop un peu vite, c'est une erreur de ma part", lui dis je pensant qu'il s'en voulait d'avoir dépasser l'autre à l'approche d'une intersection à 130 km /h.  Il disait être pressé car il était en retard au travail.  Je fis le 9-1-1 et de là un agent de la S.Q s'amena pour lui aussi constater que mon véhicule serait une perte totale.  De là je vidai complètement l'auto de tout car la remorque partit avec celle-ci dans le village voisin, ma conjointe m'appela pour me dire que le ring était réparé à l'ouverture des portes tandis que je lui appris la mauvaise nouvelle, elle était sous le choc.

 

"Comment vas-tu redescendre Sunny?"

 

"C'est un détail pour l'instant."

 

           Je suis seul sur le bord de la route en pleine campagne avec un bagage monstre et de là plus rien mon cellulaire est à plat.  C'est pas toujours comique la lutte vous savez.  Soudain une voiture s'arrêta et constata tous les débris qui jonchaient le sol.  Un homme d'un certain âge descendit de son auto en me disant:

 

"Çà frapper pas mal l'accident, c'était vous, vous auriez pu y passer l'auto est finie!"

 

"Je sais j'ai été chanceux."

 

"Hey vous êtes un lutteur vous, je vous reconnais."

 

"Oui je suis Sunny War Cloud et je lutte à St-Damase ce soir."

 

Il me dit aussitôt: "Je m'en vais justement là, Embarque!"

 

           Sur le parcours, il m'avoua être un grand amateur de lutte que ce soit au Centre Paul Sauvé d'y il y a 20 ans où dans n'importe quelle municipalité du coin.  Je lui dit que je demeurai à Québec sur le boulevard des Cèdres et de là il me dit qu'il travaillait tout près pour Natrel.  Il conduit des vans sur la route.

 

 

 

          Arrivés à St-Damase à 19:50 pour un show de 20:00 çà va bien pour un promoteur, une chance que le coordonnateur Serge Jodoin a fait le travail.  Les estrades bondés, du monde partout.  J'y installe mon bon samaritain à l'avant tout en laissant le reste de mon bagage dans son auto.  Arrivé à l'arrière dans les vestiaires soient deux grosses boîtes de camions, je renoue avec les "boys", mon partenaire Nightstalker pour cette occasion.  L'endroit est magnifique, la température est à faire rêver mais Diable que je ne suis pas là.  Je ne m'amuse pas car mon coeur n'y est pas; ma tête est dans mon auto et ma pensée est au Centre Marcoux.  Pendant mon combat, la "heat" étant là de même que mes adversaires Jake Matthews et Brick Crawford.  Les coups pleuvaient de partout sur mon corps; je ne sentais rien car ce soir là j'étais fait de cuir pourtant je parle des deux lutteurs les plus solides dans la lutte aujourd'hui au Québec.  La fatigue, le Centre Marcoux, mon auto et surtout mon retour à Québec et de quelle façon, je suis à pied:  C'est à çà que je pensais pendant mon combat, je suis déçu car j'étais à 30% de mes moyens mais que voulez-vous le corps humain ne peut en prendre plus qu'il en est capable.  Après le combat, une bonne douche en plein air au boyau de jardin, une poignée de main à tout le monde, plusieurs invitations d'autres lutteurs pour me reconduire à Québec mais finalement mon bon samaritain du nom de Fernand Robert de St-Jean Baptiste ébahit de ma performance m'offrit son auto pour redescendre chez moi à Québec sous prétexte qu'il la reprendra le mardi suivant à son travail qui est la rue voisine de chez moi.

 

"J'en croyais pas mes oreilles, vous ne me connaissez même pas et vous me prêtez votre auto."

 

"Tu sais Sunny, je te fais confiance car je te vois comme une bonne personne et moi-même j'ai reçu de l'aide dernièrement car j'ai été malade".

 

          Sur le retour chez lui à St-Jean Baptiste, il m'invita à débarquer chez lui quelques instants afin de prendre les dispositions nécessaires à mon retour.  Le tour n'était pas joué si facilement car au lever de sa femme, je me retrouvai vraiment étranger dans la maison.  Je me présenta face à tout le monde et là s'en était le cas.  Elle répond:

 

"Écoute Fernand, tu prêtes ton auto à quelqu'un que tu connais à peine et en plus c'est pour aller à Québec".

 

          Je ne savais pas trop quoi dire si ce n'est que de parler de mes forces, de mes valorisations en fait le côté positif de ma vie.  Après une heure de partage auquel je lui ai vendu qu'il n'y avait aucun danger, je les remercia mille fois en promettant de faire attention et de leurs donner des nouvelles le lendemain.  Me voilà parti avec l'automobile de mon bon samaritain Fernand Robert laissant derrière moi une madame inquiète que j'ai pris soin de donner un bi sur la joue et d'un homme qui semblait content de rendre service.

 

           Une heure plus tard vers 2:30 du matin, j'arrêta à Drummondville pour faire le plein et en m'exécutant le préposé à l'intérieur m'avisa de payer avant; je reviens à la charge en exhibant ma carte de crédit de la même station mais il ne voulait rien entendre.

 

"Laisse faire, je vais aller ailleurs si j'aurais les cheveux courts et une cravate, ça aurait passer."

 

          Un kilomètre plus loin, j'arrête dans une autre station service et là aucun problème; en sortant de la station après avoir payé mon essence, un gars assez éméché essaya avec un tournevis d'ouvrir son auto car il disait avoir oublié les clés à l'intérieur.  En me voyant il me demande un support de broche; dans ma négative je lui précise qu'il est en état d'ébriété avancé et je lui suggère de ne pas conduire ainsi.  De là il précise qu'il n'a pas d'argent pour prendre un taxi et il me demande d'aller le reconduire chez eux.  J'étais incapable de lui dire non car quelqu'un dans la soirée ma rendu un grand service et en plus en le reconduisant, cela ferait un saoûlon de moins sur la route.

 

"Embarque je vais te reconduire."

 

           Il me conta que sa femme l'avait laissé pour un autre mais vous savez, je n'avais aucun écoute pour ce "mec" car mes limites étaient dépassés.  Soudain il me dit:

 

"Arrête!  J'ai envie de vomir."

 

          Aussitôt, l'auto arrêté sur le côté il se mit à vomir sur le bord de la portière et à mon tour je sortis avec les clés en main en vomissant à mon tour car je ne peux voir çà.  Quelques instants plus tard, arrivé chez lui, il remarqua que les lumières étaient ouvertes chez lui.  Il me jura que le tout était fermé.  Aussitôt une grande peur l'envahit et en pleurant il me demanda d'entrer avec lui dans la maison de peur que son ex soit avec d'autres personnes car il avait eu des menaces.

 

          Devant mon refus, il s'obstina à rester dans l'auto et de là je l'ai sommé à s'en aller sur le champs car c'est moi qui va le sortir.  Il demanda de faire le 9-1-1 pour lui, ce que je fis.  Un quartier plus loin, une voiture de police me coinça et les agents me demandent mes papiers.  C'est vrai!!!!  j'ai oublié de demander les enregistrements à M. Fernand Robert.  Je leur conte mon histoire et de là ils me répondent:

 

           "Tu essaies de nous faire croire que ce gars là t'a passé son auto sans te connaître...  On va lui téléphoner."

 

            "Non n'appelez pas il est tard et sa femme va faire une crise.  Écoutez vous avez mon D.P.E., je n'ai aucuns dossiers judiciaires et je suis une honnête personne; je veux m'en aller à Québec, je suis fatigué.  Je viens de rendre service à quelqu'un et c'est pour cette raison que je suis sur cette rue car sans çà je roulerais sur la 20."

 

          Après quelques vérifications, je partis après 20 minutes d'obstinations et de là, les policiers m'apprirent que le gars que j'avais reconduis se devait d'être chez lui à 23:00 et ce sobre et l'auto qu'il possédait, il l'avait volé à son ex-femme car il possédait un double des clés.  Quel malheur va t-il m'arriver encore, est-ce que je vais faire une crevaison?  Hey bien non, à 4:00 du matin, j'entrai chez moi épuisé avec tout mon bagage et de là ma conjointe me dit que le tout s'est bien passé à Québec grâce à un merveilleux travail d'équipe.  Pour cette journée à oublier, pleines d"embûches d'où j'y irais pu y passer car oui j'ai vu la mort de près.

 

          Je veux remercier mon équipe qui était à Québec soit ma conjointe Karen, Kevin Martel, Patrick Fortin, Nicolas Paquin, Patrick Larue, Johanne Marcoux, Jean-Marc, J-S, Dominique Brousseau, Réjean Fiset, Mario Samoisette, Marc Moisan et toute mon équipe de lutteurs car vous avez su faire la chose en grande sans moi.  Pour ce qui est de M. Fernand Robert de St-Jean Baptiste en Montérégie qui a été mon bon samaritain ainsi que de sa femme à qui j'ai donné des maux de tête, je veux vous dire le plus grand des Mercis et sachez que je serai toujours à votre écoute.  Cela prouve qu'il y a toujours du bon monde sur la Terre.

 

          Pour ce qui est de mon auto, elle est une perte totale et aujourd'hui même vendredi 17 Août 2001, je n'ai aucunes nouvelles de mes assurances car les deux personnes attitrés au règlement final, l'un est en maladie et l'autre en vacances.  Personne ne remplace personne.

 

          Tout un monde!  Il parait que l'on grandit dans nos épreuves...

 

    Bonne semaine,

    Sunny War Cloud

   

 

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