"Sous la tente" de Sunny War Cloud,

 

 

Chronique #13 (13 juin 2001)

 

    Bonjour chers amateurs de lutte, 

                                      

    J'espère que le moral est bon car après deux belles semaines de soleil, il pleut presqu'à tous les jours; cela prend les deux pour la verdure et la forêt; le soleil c'est bon pour la bonne humeur et les marchands de crème glacée et la pluie, ça fait rouler les clubs vidéo.  Pour la lutte, il n'y a pas de température, les Vendredis soir au Centre Mgr. Marcoux, lorsque tout le monde est en santé, ça brasse croyez-moi.

 

     Moi mon mal va beaucoup mieux, j'ai encore le bras et la main gauche quelque peu engourdi mais le niveau de tolérance est quand même bien.  Je l'ai trouvé la perle rare, c'est à dire le vrai ramancheur, celui qui possède le don, le don d'en haut; il demeure au Cap de la Madeleine.  Il vous reçoit à tout heure du jour et la nuit lorsque c'est urgent, toujours le sourire, il blague en vous traitant, il est disponible même les fins de semaine et il ne demande aucune rémunération, vous donnez ce que vous voulez.  Sa mission, il guérit les gens; il voit les nerfs à travers votre corps, il ferait vibrer une statue de marbre.  Vraiment je suis un "Mark" de ces ramancheurs et ils n'en restent plus gros étant tous assez âgés.  Qui ne se rappelle pas au Saguenay Lac St-Jean de Hercule Bouchard de St-Ambroise et de Raymond Larouche de St-Bruno.  Je n’ai rien contre les chiropraticiens, les médecins et les cliniques de tous genre mais à part d’être fortunés, votre conjointe ou conjoint peut faire le même travail.  En passant, si vous voulez rencontrer ce Monsieur pour un malaise quelconque, des nerfs coincés, ou quelques membres déplacés, contactez-moi, il me fera plaisir de vous aider.

 

      La semaine passée en revenant de St-Jean Chrysostome, j’arrêta à la grosse station Irving au coin de l’autoroute 20 histoire de faire le plein d’essence et d’étancher ma soif.  En sortant de la station service, j’entendis à travers tout le brouhaha de la 20; «  Sunny le  Mark  », « Sunny le Kafabe  ». Je connais cette voix acadienne et en me retournant, je vis un camion-remorque stationné en retrait de la bâtisse et un gars m’envoyant la main de façon amicale.  En m’approchant, là je le reconnu.  Salut Stephen, salut Chief.  En m’empoignant dans ses bras, il me dit : «  Chief, je m’ennuyais de tes conneries dans le vestiaire, tu nous faisais rire ».

 


Sunny vs Sheik Ali en 1986

          


      Ce gars là, c’était Stephen Petipas, de Shediac Nouveau-Brunswick mieux connu ici sous le nom du «  Sheik Ali  » dans les années 85, 86 et 87, 6’4 275 Lbs.  C’était un des tops dans le temps de la Lutte Internationale et il était mondialement connu.  Ces combats entre Sheik Ali-Charland contre War Cloud-Lightfoot qui ne se souvient pas?

 

      "Hey oui Sunny, je drive des vans depuis cinq ans passé, le wrestling c’est de la «  shit  » maintenant, les territoires sont presque tous close dans le monde.  La W.W.F a tout tué.  Toi Sunny tu regardes bien encore j’ai entendu que tu avais ta business de Wrestling, oui c’est la C.C.W."  (Si nous aurions été un Vendredi, je l’aurais amené au Centre Mgr. Marcoux pour le faire lutter car il avait l’air en forme et de plus c’est un naturel, même aujourd’hui à 44 ans, je suis certain à le voir marcher, qu’il fait encore un dropkick à 7 pieds de hauteur.  Je m’expliquerai dans une prochaine chronique, le pourquoi de ces talents pur qui ont manqué leur coup à la W.W.F faute de problèmes d’attitudes.)

 

      Sur ce, je lui demande des nouvelles de la Atlantic Grand Prix Wrestling géré par Émile Dupré qui fut pendant 25 ans le gagne pain d’une trentaine de lutteurs par année et ce de Mai à la fin de Septembre 7 jours sur 7 et en double la fin de semaine.  Il me dit très clairement «  le territoire c’est pourri, les «  maisons «  sont vides, les pay off sont ordinaires et lorsque Émile saute une «  coche », il peut te « fired » sur le champ.  Et le pire de tout ça, c’est que cette année, les gars qui iront « worked »  dans les maritimes doivent s’apporter une tente roulotte ou autre car les hôtels et motels ont été « fucké »  par les boys.  Plus personne ne veut louer de motels aux wrestlers que ce soit à N.B ou en Nova-Scotia.  C’est fini le Wrestling les bons paient pour les méchants.  De là Stephen et moi-même devions nous quitter après quoi je lui promis de lui donner des nouvelles car je n’avais plus son numéro de téléphone m’étant fait voler mon carnet cet hiver au Centre Mgr. Marcoux.

 

      Pendant quelques instants, je maudissais ces fauteurs de troubles, ces lutteurs n’ayant aucune classe, aucun savoir-vivre et Dieu sait qu’il y en a dans toutes les classes de la société, dans tous les sports mais dans la lutte qui est l’ensemble de ma vie c’est encore pire et j’en ai vu pas seulement à l’extérieur car nous avons parfois le même problème ici.

 

      L’exemple le plus proche qui se rapporte à moi c’est un «  Spot Show  » soit celui de St-Pascal de Kamouraska qui en ma mémoire est présent depuis plus de 10 ans.  1500 amateurs payants à tous les ans, une atmosphère de lutte incroyable, une foule survoltée au premier son de cloche.  Au fait, c’est le show de l’année pour plusieurs lutteurs du Québec, parlez-en à Kevin Martel.  Nous y retournerons le 11 aoûtt prochain après une absence de deux ans.  Pourquoi?

 

      Parce que les «  boys  » ont fucké le motel L’escale de St-Pacôme qui par pur hasard sont liés directement avec le Festival Agricole de St-Pascal car les deux dirigeants soit du motel et du festival sont beaux-frères.

 

      Le lendemain soir après la lutte, le proprio du motel après avoir évalué les dégâts a avisé Mario Deschênes soit le Taxman de la C.C.W (le promoteur du projet) que dans sa vie d’hôtelier, il en avait vu de toutes sortes soit avec des motoneigistes, des motards, des équipes de hockey mais comme des lutteurs jamais, c’est la pire rapace que j’ai vu et je peux vous dire que Taxman a mis la main dans sa poche et ce de façon très radicale car la facture était haute.  Taxman a carrément acheter la paix pour peut-être ne pas faire face à la justice; d’ailleurs, il en parle encore avec la gorge entre-coupée avec comme grande d’solation d’avoir été boudé par le Festival de St-Pascal depuis les deux dernières années.

 

      Mais qui sont-ils ces gars-là, ces lutteurs là pour ainsi n’avoir aucun respect pour le bien d’autrui et de manquer carrément de savoir vivre voire des écarts de conduite désordonnés?  Veulent-ils attirer l’attention?  Ont-ils été bafoué dans leurs enfances ou encore quels désordres peuvent envahir leurs esprits.  C’est un manque de respect flagrant envers les autres lutteurs car il y en a des personnes éduquées dans ce métier, des gars souriants et polis qui n’ont pas besoin d’une dizaine de bières pour dialoguer.  Sur ce point à travers le monde, la lutte a besoin de se refaire un nom et elle n’a plus besoin de ces emmerdeurs, de ces cancers.

 

      Je ne veux pas faire de procès pour personne car ce soir là après mon combat, j’ai filé en douce à Montréal car le lendemain je luttais à North Bay en Ontario.  J’ai eu les personnes fautives et croyez-moi ils ne sont pas à la C.C.W et ils ne le seront jamais d’ailleurs ils ne sont plus dans le domaine de la lutte.

 

       Voulez-vous un léger bilan de cette nuit là; une chambre a été fermée pour deux jours pour rénovation, trous dans les murs, miroir de la chambre de bain cassé, climatiseur fini pour cause que l’on a versé une chaudière d’eau dedans, un lit cassé, vomissures sur le tapis, plusieurs serviettes et un couvre-lit ont été trouvé manquants.  Des lutteurs se sont promenés nus dans les corridors faisant un vacarme infernal dérangeant les autres locataires, un s’est même permis d’uriner dans la machine à glace, tandis qu’un autre a été capté à la caméra à voler des souvenirs à l’entrée. Le cuisinier s’est fait tassé par un « boy » assez éméché qui voulait lui-même faire ses oeufs et pour terminer un nombre de bouteilles de bières vides ont été retrouvés dans le bar du motel, des bouteilles non consignés à cet effet.

 

      Des histoires d’horreur comme celle là, je peux vous en compter pour 20 chroniques.  Un lutteur qui donne 200% de lui-même dans son combat n’a plus d’énergie pour faire des conneries de ce genre après la soirée.  Gino Brito ancien manitou de Lutte Internationale a souvent payé pour des lutteurs inconscients qui laissaient des dettes un peu partout histoire de sauver le visage de la compagnie et même qu’il est allé endosser des cautionnements de certains lutteurs étrangers qui s’étaient permis des frasques peu ordinaires allant de bagarres dans les bars ou autres.  Monsieur Brito un gars en or, père de famille de plusieurs  « boys » avait un grand coeur; je l’ai déjà vu répondre pour un finaliste lorsque celui-ci s’est ramassé en prison.  Le lendemain il luttait en finale au Colisée de Québec, vous voyez il fallait le faire sortir de là.

 

      J’avais vu en 1984, un magazine américain qui exposait tous les sports selon leurs classes de société et celui qui venait en tête de liste était le golf suivi des coureurs automobiles et les derniers à venir en liste étaient les joueurs de football, les haltérophilistes, les boxeurs et les lutteurs.  Oui les lutteurs au dernier rang, la plus basse classe des sports.  J’aimerais revoir ce magazine, ce serait une preuve tangible de ce que je prétends.

 

       Cependant aujourd’hui nous sommes en 2001 et les grosses offices comme la W.W.F et la défunte W.C.W n’emploient plus ce genre de personnage qui a la fois ternient notre sport et le spectacle à la fois.  Le plus récent licenciement soit celui de Brian Lawler vient mettre du poids sur mes dires. 

 


Karen, secrétaire de la C.C.W en compagnie de Grand Master Sexay

 

 

       Tu n’as plus droit à l’erreur et la marge à l’indiscipline est nulle.  C’est simple, peu importe ton talent, ta grandeur et ta grosseur, les fédérations et la C.C.W incluse ne veulent plus de ces parasites ambulants qui brûlent les territoires et qui salissent le nom de la lutte professionnelle.  Si tu as un problème d’adaptation sociale, d’hygiène, de boisson, de drogue ou de délinquance face aux biens d’autrui, hey bien demande de l’aide à un organisme quelconque après quoi tu pourras évaluer tes forces et ton talent pour enfin faire quelque chose de bien dans la vie et d’être surtout représentatif pour la compagnie pour qui tu travailles et de cette manière tu en retireras une valorisation personnelle incroyable qui fera de toi une personne respectée beaucoup plus que si tu lances une bouteille de bière dans la vitrine du motel qui te loges et souvent à rabais parce que tu es lutteur. 

 

       D’autres sports professionnels soient hockey, baseball etc.  ont eu leurs moineaux de ce genre et il y en a encore croyez moi mais ces équipes professionnelles sont riches à craquer et souvent achète le silence de certains journalistes qui couvrent l’équipe avec des pots de vin mais pour la lutte c’est tout le contraire, on regarde plus la négativité du spectacle parce que justement les frasques de certains, combinés aux je m’en fous des promoteurs de la dernière époque ont fait que la lutte en a pris un coup et a été boudé par la presse de façon catégorique.  Aujourd’hui en 2001, les fédérations crédibles et solvables veulent des talents disciplinés, instruits, éduqués qui ont a coeur leur compagnie pour qui ils s’exécutent de même que le personnage qu’ils se sont forgés pour leur bien-être personnel et celui de tous.

 

       Nous à la C.C.W, allons dans la même lignée soit celle du respect et d’un équilibre de vie familiale.  Nous avons eu nos trouble-fête, je les ai mit à la porte; d’autres ont eu des avertissements, ou encore ont dû débourser de leurs poches pour de l’équipement brisé mais encore là ils ont pris conscience de notre marche à suivre, de la ligne droite qui est celle du respect.  Donc partout où vous allez, si vous vous identifiez au mot lutte, soyez des hommes, affirmez vous dans le bon sens, allez vers vos besoins, acceptez les photos, les autographes, ne faites pas les caves dans les bars, motels et restaurants; avec qui vous couchez dans votre chambre, je m’en fous, mais les serviettes de la chambre laissez-les là.  Dans le restaurant du motel, lorsque vous avez un bon service, donnez le 15% de pourboire comme convenu.

 

       Pour moi d’où j’ai souvent de la difficulté à passer c’est de mon allure, gros bonhomme, regard méchant et cheveux longs mais c’est l’histoire de ma vie, c’est la gimmick indienne, les préjugés de certaines personnes qui ne croient qu’aux cheveux courts et à la cravate et qui sont prêts à faire le 9-1-1 avec leurs cellulaires lorsque je suis sur le même trottoir qu’eux mais en haut de ligne, je fais mon entrée avec un sourire, un bonjour, un s’il vous plaît et un merci et croyez-moi avec ces quatre données positives, vous pouvez faire le tour du monde car c’est universel.  La vie n’est pas si compliqué que ça, c’est nous qui la compliquons.  La lutte et tout ce qu’il l’entoure, c�est plus qu’un loisir, c’est une vocation.

 

Sunny War Cloud

 

         En réponse à Christian de Montréal qui me demande qui pour moi à mon avis est le meilleur lutteur au Québec.  Je ne voterai pas pour moi, non je ne suis pas de ce genre.

 

Si vous avez répondu Kevin Martel, vous avez gagné;
Si vous avez répondu Chakal, vous gagnez aussi;
Si vous avez répondu Serge Proulx, votre choix est très bon;
Si vous avez répondu Hell Storm, très bon aussi;
Si vous avez répondu Brick Crawford, c’est encore très bon;
Si vous avez répondu D.J Sick, très bon choix;
Si vous avez répondu Jake Matthews, super bon aussi;
Si vous avez répondu Jacques Rougeau, vous visez juste;
Si vous avez répondu Pierre-Carl Ouellet, vous connaissez ça aussi;
Si vous avez répondu Mr. X-Treem, le top dans son domaine;
Si vous avez répondu Piranah, exceptionnel.
 

         Tous les choix sont #1 car tous ces lutteurs peuvent faire un match avec un balai mais mon choix s’arrête sur Franky The Mobster, c’est le meilleur aujourd’hui car lui, il peut lutter avec son ombre.

 

Bonne semaine,

    Sunny War Cloud

   

 

@ Tous droits réservés. Les chroniques de Sunny War Cloud ne peuvent être reproduites entièrement ou partiellement sans obtention de l'autorisation écrite de l'auteur.

 

Accueil - Nouvelles - Biographie - Galerie photo -

"Sous la tente" - Liens suggérés - @