"Sous la tente" de Sunny War Cloud,

 

 

Chronique #11 (7 mai 2001)

 

Bonjour chers amateurs de lutte,

    J'espère que vous allez bien et que vous êtes en forme; moi j'ai un mal d'épaule qui ne passe pas mais je crois que je vais vivre avec car dans la lutte, nous n'avons pas le choix du moins si tout le monde qui ont mal à quelque part cesse de travailler, la planète ne sera plus productive.

    Sur ce, venez sous la tente, je vais vous parler d'un sujet qui nous concerne tous et à qui je laisse un message soit les parents que ce soit à la lutte, au hockey, etc...

    La semaine passée, c'était la réinscription des élèves avancés de l'école de lutte de la C.C.W qui se terminera le 17 juin 2001. Un de mes jeunes élèves m'apprend que ses parents ne veulent plus payer pour ça et un autre qui est en famille d'accueil prétend que cette dernière n'a pas les fonds nécessaires à son loisir préféré, soit la lutte.

    C'est quand même un problème très épineux à traiter parce qu'il y a toutes sortes de classe sociales, des enfants plus ou moins difficiles, plus ou moins vaillants ou débrouillards aussi.

    Mais nous les parents dans ça; notre devoir est d'aimer notre enfant, de l'écouter, de le guider vers des choses positives soit vers le sport et surtout d'aller l'encourager dans ce qu'il aime c'est-à-dire dans ce que lui le jeune a choisi; de respecter ses choix.

    Savez vous que j'ai des lutteurs de 16 à 21 ans qui performent sur mon ring à chaque semaine et ce depuis le 1er septembre 2000 qui à ma grande surprise a été de savoir que leurs parents ne sont jamais venus les voir lutter. C'est quoi la logique?

    Oui il y en a qui sont là depuis presqu'à toutes les semaines et qui donnent un support conditionnel à leurs jeunes et eux je les félicitent car la joie est dans leurs yeux lorsqu'ils voient leurs enfants faire vibrer la foule soit après un "move" exceptionnel ou autre.

    D'autres c'est-à-dire la plus minime exception ne sont jamais venus parce qu'ils n'ont pas de passes gratuites. Écoutez 7.00$ pour voir votre enfant sur un ring, c'est quoi?!?! Moi lorsque je vais voir ma petite fille lors d'une compétition de patinage artistique, je mets la main dans mes poches sans hésiter et je l'encourage et ce même lorsqu'elle a 40 barres de chocolats à vendre pour amasser des fonds; je la suis de loin lorsqu'elle fait du porte à porte et après 20 de vendues, je lui achète les autres. Elle fait sa part et je fais la mienne.

    Vous voyez, si je donne des passes à tous les parents, frères et soeurs et amis, comment vais-je faire pour payer mes frais. Là-dessus j'ai un message à passer aux jeunes que ce soit dans n'importe quel sport ou activité c'est d'être plus indépendant dans vos dépenses pour l'activité elle-même, de moins suffire de vos parents en vous trouvant un petit travail en dehors de vos heures scolaires; souvent certains parents n'attendent que ça, c'est que vous prenez certaines responsabilités de vous-même et par la suite feront le reste...

    Les moyens financiers ne sont pas les mêmes pour personne mais la lutte est encore le sport le moins coûteux si on la compare au hockey, ski alpin ou au golf. Écoutez prenez comme chez moi à Québec le cours de lutte pour trois mois est de 80$ à 90$, un trois mois dans un gym 100$, suppléments alimentaires (protéines) pour trois mois 150$ et équipements tels que chaussures + ceinture d'entraînement environ 120$ et ces derniers sont de longues durée. Vous voyez cela fait 450$ pour trois mois. Essayez la même chose au hockey.

    Après un an tu n'as plus de cours de lutte à payer car tu es supposé être apte à lutter sinon change de sport. Il te restera toujours le gym à payer mais là si tu veux être fort, en shape et pas gênant à placer dans un ring, tu te dois de fréquenter le gym religieusement. Si je fais le décompte rapide, cela fait environ 120$ par mois. Vous êtes supposé toujours si vous voulez lutter d'être capable d'amasser cette somme soit comme je le disais auparavant en vous trouvant un travail quelconque sans avoir à demander à vos parents. Moi à 13 ans je passais les journaux et les circulaires; à 15 ans en plus de tout ça j'étais pompiste les fins de semaine et je lavais des autos. Cela me permettait de pouvoir lutter au Loisir St-Jean Baptiste de Montréal qui était une place autre que Chicoutimi avec de nouveaux lutteurs, autre ambiance etc. À 18 ans j'avais trois paires de bottes de lutte et autant de costumes différents.

    Pour le plaisir de lutter et d'être dans un ring, ce n'était pas cher. D'un autre côté lorsqu'il est temps la fin de semaine d'aller dans les bars ou de s'acheter une caisse de bière avec des cigarettes vous trouvez toujours l'argent. Encore là l'implication des parents est au neutre, vous n'aurez pas cette visibilité positive du sport en temps que tel. Ne laissez jamais tomber votre jeune, s'il aime une activité, encouragez-le, trouvez-lui ces faiblesses et valorisez-le dans ces points forts, respectez ses choix si il aime la lutte et vous pas ou si il ne veut plus jouer au hockey pour faire du baseball motivez-le et ne choisissez pas pour lui. Pour ce qui est de la lutte, si après trois mois il n'a aucune aptitude ou s'il ne l'a pas comme on dit, Kevin Martel vous contactera pour vous le faire savoir pour ne pas que votre jeune perde son temps. Il peut demeurer à la C.C.W dans d'autres fonctions tel qu'arbitre, gérants, monteur de ring et de salle etc.

    La vie ne s'arrête pas là; tous les arbitres et gérants que vous voyez à la télé ont tous voulu être lutteurs mais à quelque part, quelque chose n'a pas fonctionné et il ne changerais pas de métier d'avec n'importe lequel journalier d'aujourd'hui.

    Par contre dans la lutte comme dans d'autres sports, il y a des parents trop accaparants, des parents qui choisissent eux-mêmes le sport ou le loisir de leurs enfants et ce en étant dictateurs.

    J'ai déjà vu à Jonquière, un père de famille qui promettait une taloche à son fils si celui-ci ne comptait pas un but dans une joute de hockey; imaginez-vous si le coach aurait garder le jeune sur le banc, c'est l'entraîneur lui-même qui aurait pu avoir une mornifle sur la gueule. Tous les parents aimeraient voir leurs jeunes dans les ligues majeures mais lorsque le talent ou le feu sacré n'y ait pas, c'est de trouver les solutions à ce que le tout ne dégénère pas. C'est là l'importance du dialogue entre père et fils; ça prend tellement d'ingrédients pour devenir professionnel dans une discipline mais à la base, c'est le choix de l'enfant, l'amour face à son sport et ensuite le talent.

    Nous avons pleins d'exemples dans le hockey d'aujourd'hui, des gars qui avaient des talents fous mais qui n'étaient pas prêts à souffrir (Stéphane Richer, Brian Fogarty) ou à la boxe avec Stéphane Ouellet.

    À la lutte, oui j'en connais des gars qui ont manqué leur break et qui eux avaient le support voulu de leurs parents; d'autres jeunes voulaient gravir les échelons avec souvent des parents encombrants, des parents je crois qui voulaient s'asseoir un jour sur le salaire de leurs jeunes pour en faire un fond de pension personnel. Souvent ces jeunes n'avaient aucun talent en poche et malgré tout, le bonhomme s'acharnait sur eux et le promoteur afin qu'il soit des vedettes.

    J'ai en mémoire encore quelques lutteurs qui n'auraient jamais du monter sur un ring et qui ne l'avaient tout simplement pas. Ce n'est pas tous les enfants qui suivent les traces de leur père et j'en suis une preuve car un de mes garçons, Dave, avait tout pour réussir, physique, attitude, agilité et en plus ma présence à ses côtés mais que voulez vous, le goût lui a passé depuis 2 ans.

    Il a 19 ans, et s'entraîne toujours au gym de Jonquière, il a les bras gros comme les miens mais c'est pour son plaisir; il a oublié la lutte, la regarde de temps à autres mais le fait de l'avoir instruit dans cette vie insécure du côté monétaire l'a ramené vers de meilleurs sentiments du côté travail et scolaire.  C'était ma fierté de le voir lutter, j'en avais larme à l'oeil et Dieu qu'il n'était pas gênant à voir dans un ring; quel physique, mes deux garçons sont dans les gyms depuis qu'ils ont 13 ans mais aujourd'hui Dave a un bon travail, il va au cégep et je l'aime autant qu'avant; je l'appelle tous les jours même que j'en suis tannant car je lui dit toujours la même chose; j'ai respecté ses choix et il en vit mieux pour l'instant.

    D'autres jeunes lutteurs souffrent j'en suis certain d'un père trop proche qui les empêche de performer, qui décide pour eux où ils vont lutter contre qui ils vont lutter et où ils vont s'entraîner. Souvent mêmes ses paternels se brûlent auprès des différentes fédérations du Québec de par leurs mauvaises attitudes qui déteint sur leurs fils qui ont un talent fou mais qui restent bloqués à des niveaux inférieurs.

    Pourquoi vous ne voulez-pas le bonheur de votre enfant, laissez votre égo et votre orgueil de côté, ces enfants vous écoutent parce qu'ils vivent sous les menaces et la peur mais laissez les choisir et donnez leur de l'air, ils ont le droit de faire ce qu'ils veulent de leur vie du moins lorsque c'est positif car j'en ai déjà vu aussi sombrer dans l'alcool et la drogue ensuite. Sur ce sujet, je peux vous aider car je suis intervenant en toxicomanie avec 9 ans et demi de sobriété et croyez-moi je connais le sujet, j'ai reniflé les trottoirs aussi.

    Donc mes chers parents, ceux à qui le chapeau fait, mettez-le; ceux qui font leur travail paternel comme il se doit; oubliez ma chronique. Les autres sachez qu'entre le noir et le blanc il y a le gris, et bien c'est cette matière grise que vous vous devez d'utiliser, de faire fonctionner à bon escient afin que vos enfants se sentent épauler et encourager; faites-en votre partenaire, votre ami, il vous en sera des plus reconnaissant et son équilibre de vie sera plus florissant.

    Je ne suis peut-être pas le meilleur père de famille au monde mais je suis certain que mes enfants ne me changeraient pas pour tout l'or du monde car il ne m'ont jamais vu tirer leur mère la tête la première dans le mur comme on voit de temps à autres; au contraire je leur ai montré comment ça se passe dans la vie malgré ma modeste scolarité.

    J'offusque peut-être certaines gens dans mes chroniques mais je les écrit, oui parce que j'ai un vécu derrière moi et ce dans plusieurs facettes dans cette vie pleines d'embûches. J'en ai vu de toutes sortes et j'en vois encore présentement au moment même où je vous parle car je suis assis dans un parc pour écrire et entendre la nature mais devant moi à 14 heures de l'après-midi, j'ai à peu près à 50 pieds de moi 4 jeunes de 15 ans environ, dont deux mesurent près de 6 pieds, crient à tue-tête, cigarette au bec et grosse canette de bière à la main, ils ne sont pas à l'école, NON mais où sont les parents? Comme d'habitude je crois, le père s'est volatilisé et la mère est assis devant une machine à poker avec le chèque des allocations. Est-ce que je vais leur parler calmement ou bien ils vont me sauter dessus? À vous de deviner...

    Bonne semaine!
, c'est pas facile!
    Sunny War Cloud

   

 

@ Tous droits réservés. Les chroniques de Sunny War Cloud ne peuvent être reproduites entièrement ou partiellement sans obtention de l'autorisation écrite de l'auteur.

 

Accueil - Nouvelles - Biographie - Galerie photo -

"Sous la tente" - Liens suggérés - @