"Sous la tente" de Sunny War Cloud,

 

 

Chronique #10 (18 avril 2001)

 

Bonjour chers amateurs de lutte,

   
Le soleil et la chaleur sont enfin arrivés; plus de neige autour de la tente, un bon coup de râteau ce matin, une marche rapide de six kilomètres cet après-midi suivi d'une bonne douche, me voilà prêt à attaquer cette 10e chronique tout ayant encore des soubresauts du gala d'Hardcore Easter de vendredi passé. Quel gala ouf!

    Les gars ont tout donnés. J'aime ces gars-là, mes lutteurs, mon produit, mon staff au complet, ma salle, ma C.C.W, c'est incroyable. Ma bonne humeur est revenue. Je suis à préparer mon été et celle de l'an prochain; j'en voyage un coup la semaine, je visite des salles, des arénas, je consulte les gens, je cherche des commanditaires sur la route, enfin je suis heureux dans ça car je suis occupé et tellement valorisé parce que mon but est de faire lutter mes gars et que tout le monde s'amuse.

    De là, j'ai reçu un appel de la Côte-Nord, de Baie-Comeau plus précisément. Un gars membre de conseil d'un festival quelconque de l'endroit s'informe des modalités afin d'avoir un gala de lutte dans cette municipalité. Il dit nous connaître de par internet et en plus d'être un très grand amateur de lutte; il se rappelle de moi lors d'un gala à Baie-Comeau d'où j'avais vaincu Bob Boucher et que Jos Leduc avait fait les frais de la finale contre Abdulah The Butcher. Quelle foule, que des gens charmants, des paysages fantastiques, j'ai toujours aimé ce coin; j'y suis allé à plusieurs reprises et la lutte a toujours attiré nombres de fans.

    "Bonjour Monsieur Sunny. J'aimerais m'enquérir de vos services pour avoir de la lutte dans le cadre du festival de ... J'aimerais savoir le prix et comment ça fonctionne".

    Je lui fait le prix et tout ce qui va avec soit l'arène, les lutteurs, les barrières anti-émeutes etc.

    "C'est quelque peu dispendieux votre affaire trouvez-vous?"

    Hey bien, vous voulez un show de qualité, je vais vous en faire tout un, avec des tables, échelles, combat royal avec différents lutteurs que les autres combats et de plus vous êtes à 400 km de Québec et 670 Km de Montréal. J'ai tout ce monde à faire coucher et en plein mois de juillet, les prix des hôtels sont à la hausse et il n'est pas question que je les empilent comme des scouts dans les chambres; je l'ai vécu lorsque j'étais plus jeune et je ne veux pas qu'ils vivent cela. Il y a les repas aussi, l'essence, vous savez c'est la distance qui vous tuent car autour de Québec c'est plus que la moitié moins cher.

    Il me répond: "Va-t-il y a avoir des lutteurs connus??"

    Ben il y a Kevin Martel, Sunny War Cloud, Steve Rush, Sweet Kiss Douglass Ziggy, Brick Crawford, peut-être Chakal, Franky The Mobster et plusieurs autres.

    "Non Monsieur Sunny, on ne se comprend pas je vous parle de Stone Cold Steve Austin et de mon idole Macho Man Randy Savage".

    Macho Man à Baie-Comeau!

    Je n'ai rien contre votre ville Monsieur Tremblay mais pensez-y bien. Cela vous coûtera trois fois le prix que je vous ai fait. Première des choses, Macho Man n'a pas besoin d'argent il est multi-millionnaire car le connaissant quelque peu, il a encore le premier dollar qu'il a fait dans la lutte et Stone Cold est lié par contrat avec la W.W.F.

    De plus, pensez-vous réellement que ces deux lutteurs performeront à leur limite à Baie-Comeau. Allez seulement les voir au Centre Molson, vous verrez que ce n'est pas la même chose que vous voyez à chaque lundi soir ou encore moins au Colisée de Québec devant trois ou quatre mille personnes. Vous serez en mesure de constater qu'on ne se couchera pas tard. Vous n'êtes pas le premier qui me demande si nous pourrions avoir des visages connus de la T.V.

    Mais je peux vous dire une chose Monsieur Tremblay, c'est qu'ils ne sont pas meilleurs que nous au Québec. Au Québec, il y en a des Stone Cold, des Hardy Boys, des X-Pac, des Jarrett et des Sting. C'est que les lutteurs du Québec n'ont pas l'exposition désirée qui font que l'on est classé de 2e ordre.

    Je peux vous dire qu'on ne vient pas au monde vedette. Ce sont les Bookers qui placent certains lutteurs au milieu du ring et par la suite c'est le public qui choisit leurs vedettes; ceux qui veulent aduler ou détester.

    Souvenez-vous du temps du Ring Master Steve Austin, les victoires ne s'accumulaient pas aussi vite que Stone Cold. Il faut encourager le produit québécois pour qu'il puisse grossir pour en venir à avoir un contrat de télé parce que je le dit encore, c'est la T.V. qui font les vedettes. Les lutteurs québécois ne sont pas exposés sur les grandes chaînes de télé donc cela devient difficile d'évaluer à fond leurs potentiels que ce soit un personnage quelconque, un personnage qui reste à forger et à peaufiner.

    Contrairement aux fans de lutte américains, le public québécois est plus dûr à faire déplacer pour des spectacles de lutte. Ce n'est qu'une question de temps car la lutte a déjà été au sommet. Si nous nous serrons les coudes, nous pouvons en arriver à un produit aussi intéressant que les américains.

    Intéressant, nous le sommes autant pour un petit marché car j'ai compétionné avec des vedettes de la télé en Europe en compagnie de Brick Crawford et Denis Goulet. Des lutteurs comme Dave Taylor, Chris Jericho, Fit Finlay, Steve Blackman étaient sur le même ring que moi ainsi qu'à Calgary avec Brian Pillman, Owen Hart, Chris Benoît, Bad News Brown, Bastien Booger. Ils n'étaient pas meilleurs que nous à l'exception de Chris Benoît qui lui se démarquait des autres mais à part ça, je faisais les mêmes combats qu'eux, je les ai battu et ils m'ont battu mais en bout de ligne, ils parlaient anglais sans accents car c'est leur langue et puis ils connaissaient des personnes plus influentes que moi, des personnes qui ont du punch d'où c'est plus facile de passer.

    Un point fort dont je me souviens en ce qui a trait à Benoît et Jericho, c'est qu'ils n'avaient que cette priorité, la lutte et l'entraînement; pas de femmes, pas de blondes, pas d'enfants, aucun casse-tête en dehors de la lutte, les deux lutteurs coupaient une cent en deux; ils n'allaient jamais dans les bars, ils se couchaient à minuit, ils se levaient à 7:00 am en s'entraînant sans cesse, ils n'étaient pas comme la majorité des autres, à passer du temps journalier au téléphone à savoir comment la famille et les enfants vont.

    Avez-vous déjà pensé que si vous êtes en Europe ou au Japon lié par contrat qui se termine dans deux mois et que vous apprenez que votre petite fille de six ans est entrée d'urgence à l'hôpital pour un accident quelconque et que votre passeport est dans la poche du promoteur de peur que vous désertiez pour mille et une raisons avec une semaine de retard sur le pay-off.

    Je peux vous dire que l'ambiance n'est pas à la fête et tu vis la pire impuissance du monde. C'est ça ce stress que Benoît et Jericho n'avaient pas à vivre car ils n'avaient aucunes obligations, toute leur pensée, leur journée et leur argent étaient réservées à la lutte et au prix qu'ils avaient payé pour apprendre à lutter soit au Hart Wrestling Camp de Calgary, Stu Hart en plus d'être pluggé leur en devait une car aussi, ces deux lutteurs là avaient du coeur au ventre et ils étaient d'une gentillesse incroyable doublé d'une attitude de professionnel.

    Ricky Martel me contait qu'en 1979, il demeurait en appartement avec Hulk Hogan au Minnesota; encore là c'est le booker et la télé qui ont fait de Hogan une super vedette et Ricky Martel alors, il dégaine encore à la vitesse de l'éclair, ambidextre en plus. Hé bien si Vince décidait de le placer sur le top avec un personnage Model si vous voulez ou autre, dans six mois, il serait aduler autant que The Rock. Ce qui veut dire qu'aujourd'hui à la retraite au Lac Beauport, Ricky Martel est un top sur le ring autant que The Rock, mais que l'exposition à la télé est à sens unique pour ce dernier.

    Donc qu'on me cesse de me casser les oreilles avec des visages connus, nous les avons tous ici, des lutteurs aussi bons qu'eux, aussi gros à l'exception du Big Show, autant acrobates que les Hardy Boys, aussi tough que Chris Benoît avec autant de coeur que Triple H, des entrevues aussi bonnes que Ric Flair mais en français et les filles, je n'ai même pas besoin d'aller à Montréal, des Stéphanie et des Lita j'en ai à la C.C.W, vous devriez voir au micro Shella Martel et les physiques de Lollipop et Nanouska et en plus Monsieur Tremblay de Baie-Comeau, je voulais rajouter, tout ce beau monde est à peu près bénévole et l'esprit d'équipe, la camaraderie est à son meilleur; chez nous, il n'y a pas de compétition et de la jalousie comme dans les pros. Une règle est primordiale chez nous, c'est que le vol et la drogue sont des causes de renvoi automatique.

    Donc Monsieur Tremblay oubliez les visages de la télé. Ici en province nous avons le même potentiel et je vous fait le même prix que j'ai fait il y a deux ans à St-Félicien qui eux malgré la demande des jeunes à avoir de la lutte ont opté pour Dan Bigras et Daniel Bélanger. Ils ont fait un trou car malgré le bon nombre de spectateurs présents, le bar n'a pas fonctionné car ce ne sont pas les gens buveurs qui courent ces spectacles. La lutte, l'été dans un festival c'est «Hot», croyez-moi Monsieur Tremblay, vous ne serez pas déçu.

    « Écoutez Monsieur Sunny, je soumets le tout au conseil et je vous rappelle le plus tôt possible! ».

    Va-t-il rappeler d'après vous?!?
C'est l

oin Baie-Comeau, c'est pas facile!
    Sunny War Cloud

   

 

@ Tous droits réservés. Les chroniques de Sunny War Cloud ne peuvent être reproduites entièrement ou partiellement sans obtention de l'autorisation écrite de l'auteur.

 

Accueil - Nouvelles - Biographie - Galerie photo -

"Sous la tente" - Liens suggérés - @