"Sous la tente" de Sunny War Cloud,

 

 

Chronique #7 (12 février 2001)

 

Bonjour chers amateurs de lutte,

   
Nous voilà rendu en février, il faut pas lâcher, encore 2 mois et nous allons pouvoir courir sur l'asphalte.

    Ma dernière chronique a fait des remous car j'ai reçu un email d'une fédération qui dit être autant à la hauteur que la C.C.W, la I.C.W et la N.C.W. Sur ce, je ne peux me prononcer car je n'ai pas encore assisté à leurs spectacles mais je me promets de me déguiser en courant d'air un de ces jours et là j'en tirerai des conclusions.

    En ce mardi matin dernier, je me retrouvai aux cliniques externe de l'hôpital enfant Jésus de Québec afin de passer mes traditionnels prises de sang et tout le tra la la car je prends un soin jaloux de ma santé; à tous les 6 mois, c'est une mise au point en règle mais je déteste cette journée. Comme à l'habitude, la place est bondée, des gens pour la plupart âgés meublant la salle d'attente, c'est pour moi un calvaire car l'attente est cruelle; les hôpitaux et les centres d'achats avec ma blonde, ce sont là deux épreuves d'où mon degré d'impatience est chancelant; au moins dans les magasins, je peux manger mais ce matin je suis à jeun depuis 21 heures la veille.

    De là, je multiplie les regards à la recherche d'une connaissance avec qui au moins je peux dialoguer afin d'alléger les lourdes minutes d'attentes qui nous sont imposées.

    Soudain le gars d'à côté de moi me demande à la fin de sa lecture si je voulais le journal:
"Non merci je l'ai lu ce matin car j'y suis abonné".

    Il semblait d'une humeur massacrante, d'à peine mon âge, la douleur se dessinait sur son visage, je ne savais quel aide lui apporter et soudain en le fixant, il me dit:

    "Maudit gouvernement, ils veulent que je crève sur le bien-être avec ma famille."

    "Comment ça??" lui dis-je.

    "Je faisais du déménagement depuis 20 ans et suite à une blessure au dos et à mon incapacité de transporter de lourdes charges, mon employeur me remercia de mes services alors ce fût le chômage et le bien-être car je n'ai pas d'instruction. Depuis 9 mois je fais du taxi ici à Québec dû à mon expérience de conduite et connaissance de la ville; cependant le permis de taxi de mon employeur immédiat est à vendre et c'était là un bon moyen de me sauver les fesses du bien-être mais de là, aucune aide n'est disponible, je cours à gauche et à droite côté subvention, même l'aide sociale ne veut pas m'avancer l'argent pour l'achat du permis alors je me retrouve devant quoi?"

    "Moi je me présente, je suis le lutteur Sunny War Cloud, j'ai vécu semblable mais encore plus épicé et si j'ai réussi c'est grâce à mes beaux-parents et à ma blonde qui ont cru en moi dans mon projet qu'est la C.C.W.

    Écoutez, ça fait 2 ans que j'écoute le ministre Landry crier à pleine TV: "Soyez imaginatif, soyez créatif, créez votre emploi, créez votre entreprise."

    Oui mais vous faites quoi pour nous aider?

    Ça prend de L'ARGENT pour ouvrir quelque chose.

    Ça prend de L'ARGENT pour faire de l'argent.

    Depuis que je suis au monde, j'ai réalisé que l'argent coure l'argent et que si tu n'as pas de plogues, tu ne passes pas; ceux qui ont réussis, qui sont millionnaires, c'est parce qu'ils ont été chanceux ou bien ce sont des crosseurs.

    Mon cher Monsieur, j'ai fait le même cheminement que vous, en décembre 1999, à l'embryon de mon projet, mon but était justement de me créer une job, et ensuite d'être un créateur d'emplois dans mon entreprise et c'est important de faire un travail que l'on aime après quoi je ne sais vraiment pas faire autre chose.

    J'ai monté un projet sur papier et le tout a été accepté sur le champ au centre Mgr. Marcoux car ils ont vu une créativité pour eux et de plus ils ont vu que je n'avais pas un vécu de 2 de pique; je sais de quoi je parle lorsque le sujet est la lutte.

    Je me suis fait faire un plan d'affaire qui m'a coûté beaucoup d'argent après quoi je me suis rendu à la banque mais là la bonne vieille réalité apparut:

    "Avez-vous un endosseur?"

    "Quoi, un endosseur?"

    "Oui mais Monsieur Rancourt, vous n'avez pas de propriété et pas de sécurité d'emploi non plus."

    "Sécurité d'emploi, mais quel job est garantie aujourd'hui à part celle de fonctionnaire et de plus j'ai des biens et mon crédit est bon partout."

    "Monsieur Rancourt, ce sont les normes, nous on n'y peut rien."

    Un appel à mes beaux-parents et le tour est joué; après c'est l'enregistrement et l'incorporation après quoi je me suis mis à la chasse aux commanditaires.

    Pas facile dans une ville où on est pas connu; j'ai ramassé 4000$ en 2 semaines après j'ai fait des appels à des bureaux, des visites à des comités de développements, des études de marché, des révisions administratives et tout ça appuyé du centre Mgr. Marcoux mais rien ne fait, c'est de la LUTTE.

    Pour eux je ne représente rien car c'est un sport divertissement et aussi quand ce ne sont pas des fans de lutte qui sont devant toi dans les bureaux, ton sort est vite réglé.

    Je me suis fâché et je suis allé à un bureau d'emploi gouvernemental avec du concret dans ma valise, des noms avec des numéros d'assurance sociale, des personnes qui ne travaillent pas à qui j'aurais pu verser du salaire et ce payé en chèque s'il vous plaît, un annonceur, un D.J à la musique, des monteurs de ring et de salle, des préposés à la sécurité, le restaurant, le bar, la caisse et de plus j'aurais produit des spectacles dans 3 villes différentes à chaque semaine; tout ce beau monde aurait suivi sur la route et en passant, ce sont des personnes travaillantes et loyales.

    Je suis allé encore plus haut du côté hiérarchique au gouvernement.

    Avez-vous déjà essayer de rejoindre ces grands penseurs qui nous dirige; j'ai téléphoné à un député un beau lundi matin, et bien sa secrétaire à qui il ne faut pas parler trop fort me dit qu'il est en vacance pour 2 semaines; 2 semaines plus tard je rappelle; il est malade jusqu'à jeudi (il est chanceux de savoir lorsque sa maladie prendra fin). Le jeudi encore une fois, il est 9 heures du matin et j'appelle:

    "Monsieur n'est pas encore à son bureau, il ne devrait pas tarder."

    Un rappel à 11:15: "Il est parti dîner, est-ce que je peux prendre le message."

    "Non merci, c'est encore moi je rappellerai plus tard (Peut-être ne déjeune-t-il pas)

    À 13:20 me revoilà encore une fois à la charge: "Monsieur n'est pas encore revenu de dîner."

    Quoi!! Pas encore revenu de dîner, c'est une job comme ça que je me cherche, j'en ai pas encore trouvé, j'espère qu'il ne fera pas une indigestion."

    J'ai réussi à le rencontrer 2 semaines plus tard pour me faire dire que le tout sera étudié lors d'un comité de 8 personnes dont malheureusement je ne peux faire valoir mon projet, ma présence selon lui, ne serait aucunement utile à la décision finale.

    Finalement, je ne réponds pas aux critères et aux normes. Vous voyez, ils n'ont jamais d'argent pour une personne honnête qui ont à coeur un projet, de la création d'emploi et surtout que je ne suis pas arrivé à leurs bureaux les mains vides. Je me suis levé le matin pour travailler là-dessus, le projet C.C.W, j'y ai trouvé des commanditaires, un emprunt à la banque, une lettre d'appui du centre Mgr. Marcoux, un plan d'affaire, une incorporation, un compte d'affaire à la banque ainsi que des antécédents positifs sur le plan sobriété et crédit.

    Combien de millions et de milliers de dollars donnés pour rien à des musées, comme exemple la vieille Pulperie de Chicoutimi, le Rêve de Marguerite à Jonquière, La Fabuleuse Histoire d'un Royaume à ville de La Baie, Le Carnaval Souvenir de Chicoutimi et de Québec, L'expo Québec et encore... Des subventions, des argents donnés en l'air pour des organisations qui sont à la perte à l'année longue. Moi c'est spécial, c'est de la LUTTE; du jamais vu à Québec; de la lutte à toutes les semaines, une école de lutte de 71 participants. Pourtant, du temps de lutte Internationale qui avait comme bureau-chef le Centre Paul-Sauvé de Montréal, la compagnie faisait vivre une centaine de personnes et si la W.W.F ne serait pas intervenu, la compagnie de Dino Bravo et Gino Brito existerait toujours; nos grands dictateurs gouvernementaux semblent avoir oublier ce temps là. Dans mon livre à moi, ils ne sont qu'une bande de buveux de café, leurs culs moelleux bien assis dans leurs fauteuils avec de bonnes et solides conditions de travail, des intouchables quoi, qui au contraire de moi ont le droit de se tromper à l'année longue avec l'argent des contribuables.

    Moi j'y ai investi mes sous et mes énergie et à la fin de juin tout mon équipement sera payé au complet et ce sera pour moi une très grande fierté d'avoir réussi là où le gouvernement m'a jamais aidé; je commence à croire que notre cher gouvernement prône le travail au noir; d'ailleurs ce n'est pas depuis hier que le gouvernement ne collabore en rien avec les petits marchés ou avec le sport.

    Dans les années 80 la lutte faisait vivre un grand nombre de personnes au 4 coins de la province et aujourd'hui avec la télévision la lutte est encore plus forte; mais ce sont ceux qui nous dirigent qui n'ont pas évolué; et sur ce j'entends après 2 heures d'attentes:

    "Robert Rancourt, porte 14."

    "Tiens déjà. Ça fait du bien de parler de la lutte et de ce qui l'entoure."

    "Sur ce bonne chance Monsieur avec votre taxi et je suis vous le souhaite ce permis car j'en ai fait longtemps à Jonquière en même temps qu'avec la lutte."

    "Vous aussi avec la lutte Monsieur Sunny, je vais aller vous voir au centre Mgr. Marcoux mais je voulais vous dire qu'un de mes voisins, un parfait arnaqueur avec un bon plan d'affaire a fait une demande de subvention l'automne dernier pour une supposée compagnie de nettoyage et il a obtenu 9000$ pour se partir en affaire. Il a passé les fêtes dans le sud avec sa blonde et aujourd'hui la compagnie est fermée."

    Votons Québécois!! La vie c'est un combat!

    Sunny War Cloud

   

 

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