"Sous la tente" de Sunny War Cloud,

 

 

Chronique #6 (17 janvier 2001)

 

Bonjour chers amateurs de lutte,

    C'est avec joie que j'ai appris que j'avais été élu le lutteur "vétéran" de l'année et de plus la meilleure chronique de l'année ex-aequo avec Matt Burn; ce qui me réjouit le plus, c'est que ma chronique n'est vieille que depuis le 11 novembre dernier et que sa popularité grandit sans cesse.

    En ce beau dimanche matin ensoleillé, étant comme toujours un lève-tôt, j'ai choisi d'aller déjeuner au restaurant Normandin, histoire de me faire servir et de ne pas salir de vaisselle. Tout en mangeant mes oeufs, je me sentis regarder voire examiner par quelqu'un qui semblait me connaître ou me reconnaître. En réglant la facture au comptoir, cette même personne s'approcha de moi et me dit: "Je m'excuse, êtes-vous Sunny le lutteur? Je lui répondit: "Oui c'est moi!". Il se présenta: "Je suis Monsieur Claude Sirois, je suis le gérant du restaurant. Je vous avais parlé longuement au Colisée de Québec lors de la tournée d'adieux de Maurice "Mad Dog" Vachon il y a 15 ans de cela, je n'avais que 18 ans c'est peut-être pour cela que vous ne m'avez pas reconnu.

    Pourquoi monsieur War Cloud il n'y a pas de lutte comme avant à la télé, c'est-à-dire québécoise comme dans le temps de lutte internationale avec Édouard Carpentier et Guy Hauray? Pourquoi lui dis-je? Avez-vous un peu de temps Monsieur Sirois, on va prendre un café ensemble; je vais vous dire pourquoi et qu'est-ce qu'on pourrait faire pour en avoir de nouveau.

    Premièrement Monsieur Sirois, je crois que l'ex-lutte internationale est restée en dettes d'avec le réseau TVA mais ce ne sont pas les seules raisons à part les grosses offices de lutte qui se sont accaparés de presque tous les réseaux.

    Pour en ravoir de nouveau, pour attirer les réseaux ou avoir de l'attrait, il faut être fort, très fort, crier un ensemble, avoir un impact sur la société, déplacer du monde, pas seulement une catégorie de monde, tout le monde afin d'avoir aussi un investisseur majeur semblable à celui qui a injecté des fortes sommes d'argent dans Interbox afin de solidifier l'entreprise pour que certaines personnes qualifiées dans le domaine puissent y gagner leur vie adéquatement.

    Pour cela il faut déployer une force, en somme une seule compagnie québécoise avec une base solide, des membres travaillants, honnêtes et loyaux.

    Je crois Monsieur Sirois que je ne vivrai pas assez vieux pour voir ça.

    Oui mais pourquoi Monsieur War Cloud?

    Avez-vous Internet Monsieur Sirois?

    Non je ne l'ai pas. (Je me suis aperçu que seulement 20% de la population avait un ordinateur chez eux)

    Savez-vous que je présente des programmes de lutte au Centre Mgr. Marcoux à tous les vendredis soirs depuis le 1er septembre dernier?

    Non, il y a de la lutte à Québec, pourtant je suis un grand amateur de lutte et je n'en manque pas une à la télé.  

    Et mieux que ça, saviez-vous qu'il y en avait aussi une fois par mois au centre Loisir St-Esprit à Limoilou et ce depuis un an et plus?

    Non plus, j'en apprends des choses.

    C'est pour cela que ça prend la télé et tant que nous l'aurons pas, nous au Québec, nous ne passerons pas comme des vrais lutteurs, en ce moment nous sommes pour les gens que des lutteurs amateurs, tout ça parce que nous ne sommes pas à la télé.

    Tout le monde regarde la télévision tandis que plusieurs personnes ne lisent pas les journaux parce que souvent je paie de la publicité dans le journal du Québec et ce n'est guère abordable surtout pour une entreprise qui en est à sa première année. Et pire encore, une de mes connaissances de 1985 qui travaille sur la sécurité de l'Auditorium de Verdun qui en plus est amateur de lutte n'était pas au courant qu'il y avait aussi des galas hebdomadaires au coin de St-Germain et Ontario et pourtant Ludger Proulx qui est connu à Montréal est présent depuis 10 ans à cet endroit.

    Le remède, c'est la TV peu importe le poste car un amateur de lutte retrouvera toujours ce qu'il désire en zappant car nous sommes tous semblables devant la télé.

    Pour ça, ça prend de l'argent, des investisseurs, des commanditaires majeurs et ce qui les repoussent je crois, c'est qu'il y a trop de fédérations dans la province surtout à Montréal, c'est l'enfer. Je crois qu'il y en a une dizaine et si cela continue il y en aura 15 dans trois ans.

    Dans mon livre à moi il y en a que 2 qui sont solvables, crédibles et expérimentées: soit la ICW et la NCW; et je parle en connaissance de cause car moi je lutte à peu près partout et j'assiste à de nombreux programmes de lutte en province afin de détecter du talent provincial mais diable qu'il y a des endroits où ça fait dûr; je ne dis pas ça pour dénigrer quelques organisations que ce soit car souvent il font leur possible mais lorsque le promoteur n'est moyennement pas une tête de lutte, le spectacle en souffre beaucoup et les spectateurs n'ont rien à se régaler. Mais dans ça, chacun veut avoir sa fédération, être le boss, le poste de promoteur semble t-il si alléchant?

    Moi à Québec, certaines personnes m'ont accusé d'avoir passé le bulldozer, d'avoir fermé volontairement d'autres organisations; au contraire j'ai ramassé deux offices soit la LRS et la RCW qui n'avaient pas d'endroits stables, pas d'arène et qui ne voyaient jamais la prochaine date d'un éventuel gala.

    Moi et Kevin Martel leur avons donné l'opportunité de lutter à toutes les semaines sur un vrai ring, d'apprendre les rudiments du métier sur et hors de l'arène avec une des meilleures écoles de lutte de la province et ce à des prix très compétitifs.

    À Québec avant mon ouverture, il y avait et il y a toujours la NCW qui est une très bonne organisation mais j'avais un besoin plus grand que de lutter une fois par mois ou de 3 fois par année pour Lutte Internationale 2000, voyez-vous Monsieur Sirois les Tops dans la province se retrouvent aujourd'hui dans la NCW, la ICW et la CCW et également plusieurs talents dans d'autres petites fédérations mais ceux-ci ne peuvent se former adéquatement dû au manque de professionnalisme de ces jeunes promoteurs en herbe qui veulent sauter les étapes et ne veulent pas apprendre dans les ligues majeures de Montréal.

    Et il y en a du talent ici, des vrais lutteurs, des vrais tough autant qu'en Ontario, qu'à Calgary et même qu'aux États-Unis.

    Je suis convaincu que si tout le monde, les quelques 2 millions de personnes de la région de Montréal savaient qu'il y a de la lutte les samedis soirs soit sur la rue Ontario ou sur la rue Villeray et la même chose pour moi à Québec avec les 500 000 habitants, nous les 3 offices, on refuserait du monde parce que justement la population n'est pas au courant qu'il y a de la lutte à ces endroits ou souvent à deux coins de rue de chez eux; mais avec la télévision et le sens de l'exposition de nos storylines, le marché serait de grande valeur.

    Imaginez l'impact si la NCW, la ICW et la CCW seraient ensemble avec tous leurs membres, leurs équipements et surtout un bon vouloir de réussite, regardez la force qui se dégagerait de cette union provinciale!

    Le travail serait beaucoup plus moindre à se dénicher un investisseur potable parce qu'il y verrait un ensemble de personnes qualifiées dans leurs domaines qui croiraient en leur projets avec un plan d'affaires solide à ce que la lutte au Québec a sa place à la télévision française québécoise; après cela, nous serions vu à la grandeur de la province et même en Ontario, avec une maison mère à Montréal, une grosse école de lutte au même endroit, je suis certain que les commanditaires ne feraient qu'affluer.

    Si je recule en 1980 si vous voulez, il n'y avait qu'une grosse office au Québec; c'était la Lutte Internationale d'avec Dino Bravo et Gino Brito comme Boss et le club école, c'était les Loisirs St-Jean Baptiste d'avec Pat Girard. Tout le monde au Loisirs bûchaient dur pour aller travailler en haut à la télé.

    Mais aujourd'hui un jeune, je vous donne un exemple, de la WTA, qu'est-ce que ça lui donne de mettre les bouchées doubles pour penser aller à la ICW; pour lui il n'y a pas plus de gloire parce qu'il a son monde dans la petite fédération et il n'aura peut-être pas de plaisir dans l'autre mais si il y aurait la télé, ce serait tout le contraire.

    Mais au fait Monsieur Sirois, je ne réglerai rien ici ce matin, je ne fais que rêver, oui un beau gros rêve qui ne se réalisera jamais. C'est sure que le spectacle coûterait cher parce qu'il faudrait un peu rivaliser avec la WWF avec leurs pyrotechnies, leurs 10 caméras autour du ring, la lumière etc...

    Chaque fédération a son idée et l'esprit de clocher règne; mais je resterai toujours sur mes positions à ce qu'un groupe égale une force et tant que cette force ne sera pas exploitée, nous serons et resterons des inconnus de la lutte, des no-names qui auront passé à côté d'un gagne-pain honorable et valorisant à la fois et souvent c'est la cause, le pourquoi que les commanditaires nous fuient.

    "Vous Monsieur Sirois, pensez-vous que la chaine de restaurant Normandin voudrait devenir commanditaire majeur de la CCW?"

    "Bien Monsieur War Cloud, je vais vous dire que je crois bien à votre bon vouloir et connaissance dans le domaine mais si la CCW, votre compagnie serait d'envergure provinciale et que vous seriez sur la télé, et bien OUI je serais le premier à signer et tous les autres me suivraient sans hésiter; mais là vous voyez, c'est pas facile pour nous."

    "Bien j'espère Monsieur Sirois que vous avez compris le pourquoi de votre question initiale; il nous reste plus qu'à regarder le hockey, toujours le hockey...".

    Sunny War Cloud

   

 

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