"Sous la tente" de Sunny War Cloud,

 

 

Chronique #2 (23 novembre 2000)

 

Bonjour tous les amateurs de lutte du Québec,

    C'est un plaisir pour moi de vous faire partager ma 2e chronique. Je vous invite à "venir sous la tente" avec moi.

    M. Hubert Gauthier, retraité de St-Romuald sur la Rive-Sud de Québec m’a envoyé un E-mail en collaboration de son petit fils Christian. Étant un grand fan de lutte du temps d’Yvon Robert, il m’avoue n’avoir jamais manqué un programme de lutte à la Tour de Québec de même qu’au Colisée et au Pavillon de la Jeunesse; d’ailleurs M. Gauthier m’a vu à l’ouvre dans les deux derniers endroits.

    M. Gauthier 79 ans endosse ma première chronique et dénonce avec véhémence le peu d’activités réservés aux personnes âgées sur la Rive-Sud; il enchaîne en disant : « Tout ce qu’on a pour nous ici ce sont des visites dans les musées et d’aller se faire boucanner dans les bingos; et si nous n’optons pour aucun de ces choix, eh bien il nous reste plus qu’à aller flâner dans les centres d’achats. Sa santé étant quelque peu déficiente, il n’est jamais allé au Centre Mgr. Marcoux mais il se promet d'aller de temps à autre à Charny avec son petit fils car ce dernier, 16 ans, veut prendre des cours de lutte en Janvier 2001.


Salut Henri



 

 

    Salut Henri, jamais je ne t’oublierai. Henri tu étais mon chum, mon ami. Pendant la minute de silence observée lors du programme du 17 Novembre dernier au Centre Mgr. Marcoux, la cassette dans ma tête s’est déroulée jusqu’à douze ans passés. J’étais là debout sur le ring, le ring que tu m’as vendu en Mai dernier et je te revois encore, larmes aux yeux en me disant : « Sunny je te vends mon bébé, l’autre je l'ai vendu à Jacques Rougeau il y a trois mois; si ce n’était pas de ma santé, jamais je n’aurais vendu! ».

    Henri se savait dépérir et là, une fois la transaction terminée, me sentant inutile et avare de paroles, j’ai choisi de me retirer, incapable de le voir ainsi.

    En écoutant le témoignage de Serge Rochon lors du service funéraire à l’église de Drummondville, Serge a dit l’essentiel, en fait l’entier de ce qu’était Henri pour tous les lutteurs; c’était un peu le père, le confident secondé par sa charmante épouse Marielle.

    À toutes les fois que j’emprunte l’autoroute 20, arrivé à la hauteur de Drummondville, je ne peux m’empêcher de penser aux nombreux combats organisés par Henri soit à la Place Charpentier, au Drummondville Olympic, à l’aréna Marcel Dionne et au Centre Communautaire de la rue St-Aimé.

    Henri a toujours bien pris soin de moi; sachant que je partais de Jonquière et ce en été comme en hiver, bravant les tempêtes, travaillant dans la plupart des finales, j’avais souvent eu un extra sur mon salaire et en plus Henri s’occupait de ma chambre d’hôtel. Je peux vous dire que je me suis défoncé pour lui à Drummondville et comme partout ailleurs. Les conversations étaient saines et honnêtes entre nous deux.

    Henri adorait les tournées sur la route tout comme moi, en fait, c’était mon compagnon de six heures le matin dans les restaurants des divers hôtels dans lesquels nous logions. Étant un lève-tôt naturel et particulièrement sur la route, mon refuge préféré pour affronter mes six oeufs était le restaurant de l’hôtel et là j’étais sûr de retrouver Henri, assis seul armé d’un bon café et d’une cigarette, prêt à me partager un parcours de sa vie tant du côté réussite que déboires. Je le revois encore et en me voyant il s’exclamait : « Sunny, viens t’asseoir, on va jaser un peu! ». Il avait confiance en moi, souvent il était dur à cerner mais lorsque nous étions ensemble dans notre petite boîte, les partages n’étaient aucunement artificiels. Henri a fait beaucoup pour la lutte, pour l’amour de ce sport, pour l’amour des siens qu’ils côtoyaient et je ne sais pas si il a eu tout le retour qui lui revenait du moins en jetant quelques regards dispersés aux quatre coins de l’église le 11 novembre dernier, il m’a semblé qu’il manquait quelques personnes prédominantes qui doivent leur succès ou en quelque sorte des bons moments dans leurs vies à Henri qui a su hypothéquer une partie de son existence pour la lutte.

    Sur ce pour conclure, la lutte à Drummondville aura toujours comme synonyme le nom d’Henri Dostie et si Henri, ta crainte était d’être oublié à ton départ, eh bien moi Sunny ton compagnon, ami du matin, je ne t’oublierai jamais.

    Merci Henri,
    Sunny War Cloud

   

 

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